Le courrier est arrivé un mardi matin. Depuis, dans cet appartement du 15e, du 17e ou de Batignolles, tout a changé de rythme : les nuits sont plus courtes, les conversations plus tendues, et un sujet que personne n’ose aborder a disparu de la maison sans bruit : le désir. Ni l’un ni l’autre n’a décidé de s’éloigner. Pourtant, quelques semaines ou quelques mois après un licenciement, une rupture conventionnelle subie, la fin d’une mission ou d’une activité, beaucoup de couples parisiens constatent que la sexualité s’est mise en pause.
Cet article n’a pas pour but de vous rassurer à bon compte, ni de vous faire peur. Il propose de comprendre pourquoi une perte d’emploi peut éteindre la libido, ce que cela dit de la relation et de chacun, et comment la sexothérapie peut aider à retrouver le chemin de l’intimité sans forcer.
Pourquoi la perte d’emploi touche autant le désir
À Paris, le travail ne désigne pas seulement un salaire. Il structure l’identité, donne un statut dans les dîners, une réponse à la question « et toi, tu fais quoi ? ». Quand il disparaît, c’est une partie de l’image de soi qui vacille. Or le désir est étroitement lié à cette image : on se sent désirable lorsqu’on se sent capable, utile, respecté. La honte, le sentiment d’échec ou la peur de décevoir sont des freins puissants à l’élan sexuel.
Il y a aussi le corps. Le stress prolongé, l’insomnie, l’inquiétude pour le loyer ou pour les enfants maintiennent l’organisme en alerte, ce qui laisse peu de place à la détente nécessaire au plaisir. Sans entrer dans le domaine médical, on observe très souvent une fatigue émotionnelle qui se traduit par moins d’envie, moins d’initiatives, parfois par des difficultés ponctuelles de réponse sexuelle. Elles ne disent rien de la valeur de la personne ni de l’amour qu’elle porte à l’autre.

Deux façons de réagir qui se croisent mal
Dans beaucoup de couples, la personne touchée par la perte d’emploi se replie : elle évite le contact de peur qu’il ne mène à un rapport qu’elle ne se sent pas en état d’assumer. Son partenaire, lui, interprète ce retrait comme un rejet. L’un se protège, l’autre se sent écarté : un cercle s’installe. Parfois, c’est l’inverse : celui qui perd son emploi recherche le rapport comme preuve de sa valeur, tandis que l’autre, inquiet, n’est pas disponible.
Les tensions autour de l’argent aggravent la situation, comme nous l’expliquons dans notre article sur les conflits financiers dans le couple. Le désir, déjà fragilisé, ne résiste pas toujours aux reproches silencieux.
Les signes qu’il est temps de consulter
Une baisse de libido temporaire après un choc professionnel est compréhensible. Il vaut la peine de consulter lorsque :
- La situation dure depuis plusieurs mois alors que le quotidien s’est stabilisé.
- Vous évitez tout contact physique pour ne pas déclencher d’attentes ou de conflits.
- L’un des deux se sent rejeté et commence à douter de l’attachement de l’autre.
- Des difficultés d’érection, de lubrification ou de plaisir apparaissent et deviennent une source d’angoisse, comme nous l’abordons dans la sexothérapie des troubles de l’érection.
- La honte vous empêche d’en parler, même avec la personne que vous aimez.
- L’estime de vous-même s’effondre et touche aussi votre rapport au corps, un sujet que nous traitons dans image du corps et désir.
Si un symptôme physique persiste, un avis médical reste indispensable : la sexothérapie vient en complément et ne remplace jamais un médecin. Dans tous les cas, parler tôt évite que le silence ne s’installe et ne devienne la nouvelle norme du couple.
L’approche Ataméa : rétablir sécurité, puis désir
Dans la méthode Ataméa, je pars d’un principe simple : le désir ne se commande pas. Exiger de soi ou de l’autre qu’il revienne ne fait qu’ajouter de la pression. Nous travaillons plutôt sur les conditions qui le rendent possible : sécurité émotionnelle, estime de soi, communication, puis seulement, doucement, le corps.
Nommer ce qui se passe
La première étape consiste à mettre des mots sur ce que chacun vit. Celui qui a perdu son emploi peut dire sa honte sans être consolé trop vite ; son partenaire peut exprimer sa solitude sans être accusé de manquer de compassion. Cette parole partagée désamorce l’interprétation du rejet et réduit déjà une grande partie de la tension.
Redonner sa place à la tendresse
Quand le rapport sexuel est devenu un enjeu, nous proposons de le mettre temporairement de côté pour retrouver des contacts sans objectif de performance : massage, enlacement, moments partagés. Cette étape, progressive et choisie à deux, permet au système de stress de relâcher. Elle s’appuie sur ce que la sexologie appelle le désir « réactif » : chez beaucoup de personnes, l’envie naît du contact plutôt qu’elle ne le précède.
Reconstruire l’estime de soi sexuelle
Nous revisitons les croyances qui lient valeur personnelle et réussite : « si je ne gagne pas ma vie, je ne suis plus désirable », « je ne mérite pas de plaisir en ce moment ». Ces pensées sont courantes et se travaillent, individuellement ou à deux, à travers l’écoute et des exercices adaptés.

Le rôle du partenaire, souvent sous-estimé
Celui qui n’a pas perdu son emploi porte une charge invisible : il rassure, il compense, il s’inquiète en silence, et il se retient souvent d’exprimer son propre manque de peur d’ajouter du poids. Cette retenue protectrice finit par creuser la distance. En séance, nous donnons à ce partenaire une vraie place : il peut dire sa fatigue, sa peur de l’avenir et son besoin de tendresse, sans que cela soit entendu comme un reproche.
Nous travaillons aussi sur ce que chacun peut offrir sans attendre de réponse immédiate : une attention, un geste, une présence. Ces signaux, répétés, réinstallent peu à peu la confiance nécessaire pour que l’élan revienne. Il ne s’agit pas de se forcer, mais de créer des occasions de rapprochement qui laissent à chacun la liberté de dire non, ce qui, paradoxalement, rend le oui plus facile.

Le déroulé : au cabinet Paris 8e ou en visio
La première séance sert à écouter. Vous me racontez la chronologie : la perte d’emploi, les changements dans le couple, ce qui a été tenté. Je précise le cadre : confidentialité, absence de jugement, aucune pratique intime en séance ; la sexothérapie que je propose repose sur la parole, l’éducation à la sexualité et des exercices que vous réalisez chez vous, à votre rythme.
Les séances ont lieu au cabinet du 4 rue de Miromesnil, Paris 8e, ou en téléconsultation, ce qui convient bien à ceux qui préfèrent éviter les déplacements pendant une période de recherche d’emploi ou de reconversion. Pour comprendre le déroulé à distance, consultez notre page sur la thérapie de couple en visio. Il est possible de venir seul(e) ou à deux.
D’après l’enquête nationale de l’Inserm, la satisfaction sexuelle déclarée est restée relativement stable en France entre 1992 et 2023 : 45,3 % des femmes et 39,0 % des hommes se disent très satisfaits de leur vie sexuelle actuelle (Inserm, CSF-2023). Autrement dit, une vie intime épanouie n’est pas la norme évidente : elle se cultive, y compris lorsqu’un événement la bouscule.
Ce qui distingue Magalie Singh
Je suis sexothérapeute et thérapeute de couple, ce qui est précieux dans ce type de situation : la perte d’emploi touche à la fois le lien conjugal, l’estime personnelle et le désir. Je les prends en compte ensemble, sans les dissocier. Mon travail est connu du grand public, notamment par mes interventions sur CNEWS, et mon cabinet est situé à Paris 8e.
Mon approche est chaleureuse, claire et respectueuse de votre pudeur. Je ne cherche pas à « réparer » un manque de désir, mais à créer les conditions pour qu’il puisse revenir si c’est ce que vous souhaitez.
Questions fréquentes
Est-il normal de ne plus avoir envie après un licenciement ?
Oui, c’est très fréquent. Le choc, la honte et l’anxiété réduisent la disponibilité au plaisir. Si cela dure ou vous préoccupe, une consultation peut aider à dénouer la situation.
Mon partenaire ne comprend pas, comment lui en parler ?
Parlez de ce que vous ressentez plutôt que de ce que vous « n’arrivez pas » à faire. La séance de couple offre un cadre où chacun peut s’exprimer sans être coupé.
Faut-il attendre d’avoir retrouvé un emploi ?
Non. Travailler tôt sur la communication et l’intimité aide à traverser la période de transition, et prévient l’installation du silence.
Y a-t-il des exercices pratiqués pendant la séance ?
Non. Les séances reposent uniquement sur la parole. Les exercices éventuels sont proposés comme des expériences à réaliser chez vous, sans pression.
La sexothérapie remplace-t-elle un avis médical ?
Non. Si un symptôme physique persiste, consultez votre médecin. La sexothérapie vient en complément pour la dimension relationnelle et psychologique.
Depuis la perte d’emploi, le désir semble s’être mis en veille et vous n’osez plus en parler ? Un premier échange permet de poser les mots et de décider ensemble de la suite, à votre rythme.
Prendre rendez-vous avec Magalie Singh
Cabinet : 4 rue de Miromesnil, 75008 Paris, ou en téléconsultation.
Références bibliographiques
- Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), enquête « Contexte des sexualités en France » 2023 : résultats sur la santé sexuelle et la satisfaction.
- Perel, E., L’intelligence érotique, Pocket : sécurité, désir et estime de soi dans le couple.
- Basson, R. (2000), « The female sexual response: a different model », Journal of Sex & Marital Therapy : modèle du désir réactif.
- Bajos, N. et Bozon, M. (dir.), Enquête sur la sexualité en France, La Découverte : contexte social des sexualités.
