Chaque année, c’est le même mouvement. Les valises à peine défaites, les agendas de septembre se remplissent au cabinet de la rue de Berri : des couples qui « allaient bien » en juillet, ou qui le croyaient, et qui n’arrivent plus à se parler trois semaines après la reprise. La rentrée est, avec le mois de janvier, la période où je reçois le plus de premières demandes de thérapie de couple à Paris. Ce n’est pas un hasard du calendrier : septembre concentre tout ce que l’été avait suspendu.
Si vous lisez ces lignes en vous demandant pourquoi vous vous disputez pour un cartable oublié ou une machine non lancée, alors que vous riiez ensemble sur une plage il y a un mois, cet article est pour vous. La crise de couple de la rentrée n’est ni une fatalité ni le signe que votre histoire est finie. C’est un moment de vérité, et les moments de vérité se travaillent.

Pourquoi la rentrée fragilise autant de couples
L’été agit comme un anesthésiant relationnel. Pendant trois semaines, les rôles s’assouplissent : plus de réunion à 8h30, plus de course entre la crèche et le métro, plus d’arbitrage sur qui gère le dentiste. Le couple redevient un duo, parfois pour la première fois depuis des mois. Puis septembre réinstalle en quelques jours la totalité de la charge : rentrée scolaire, inscriptions, reprise des objectifs professionnels, budget grevé par les vacances, fatigue qui revient avant même la fin du mois.
Ce qui rend la rentrée si particulière, c’est l’effet de contraste. Vous venez de vivre la version disponible de votre partenaire, et vous retrouvez brutalement sa version épuisée. Beaucoup de couples ne sont pas en crise à cause de septembre ; ils sont en crise parce que l’été leur a rappelé ce qu’ils avaient perdu le reste de l’année, et que ce rappel fait mal.
Il y a aussi ce que les vacances ont révélé. Passer vingt-quatre heures sur vingt-quatre ensemble sans le tampon du travail met en lumière ce que la routine parisienne permettait d’éviter : un silence qui s’est installé, une sexualité devenue rare, une rancune jamais réglée. Certains reviennent de vacances avec une certitude nouvelle et inconfortable : « on n’a plus rien à se dire ». La rentrée transforme alors cette intuition en conflit ouvert.
Les chiffres nationaux confirment cette saisonnalité, même si les statistiques complètes de divorce ne sont plus produites depuis 2017 : la dernière année documentée par l’Insee comptait 128 043 divorces prononcés, soit près de deux pour 1 000 habitants, avec des pics de demandes historiquement observés après les périodes de vacances. Dans mon cabinet du 8e arrondissement, les mois de septembre et de janvier représentent à eux seuls une part disproportionnée des premiers rendez-vous.
Les signes qu’il est temps de consulter, plutôt que d’attendre Noël
La tentation, à la rentrée, est de mettre la crise sur le compte de la fatigue et d’attendre que « ça se tasse ». Parfois, ça se tasse. Mais certains signaux méritent qu’on ne les laisse pas s’installer jusqu’aux prochaines vacances :
Les disputes portent sur l’organisation, jamais sur le fond. Vous vous affrontez sur les horaires, le ménage, les enfants, les écrans, mais aucune conversation ne parvient à dire « je me sens seul(e) » ou « je ne me sens plus désiré(e) ». Le logistique est devenu le seul langage disponible.
L’un de vous a « soufflé » de reprendre le travail. Quand la reprise est vécue comme un soulagement parce qu’elle permet de moins se voir, le couple est entré dans une phase d’évitement. C’est l’un des indicateurs que je regarde le plus attentivement lors d’un premier entretien.
Les vacances n’ont pas ravivé l’intimité. L’enquête Contexte des sexualités en France de l’Inserm montre que la fréquence des rapports chez les 18-69 ans est passée d’environ 8 par mois en 1992 à 6 en 2023, y compris chez les couples qui vivent ensemble. Si même les vacances, avec leur temps et leur légèreté, n’ont pas réveillé le désir, la question mérite d’être posée avant que l’hiver ne la referme.
Vous vous surprenez à faire des comparaisons. Avec le couple d’amis rencontré cet été, avec un(e) collègue, avec l’ancienne version de votre propre histoire. La comparaison est souvent la première étape d’un désengagement silencieux.
La « rentrée » d’un enfant change tout. Entrée en maternelle, en sixième, départ pour les études : chaque transition familiale redistribue les cartes entre les parents. Un couple qui ne sait pas se retrouver après le départ du dernier enfant vit une rentrée particulièrement redoutable.

L’approche Ataméa : transformer la crise de rentrée en tournant
Ma conviction, forgée par des années de pratique à Paris, est simple : une crise de rentrée bien accompagnée devient souvent l’un des meilleurs moments de l’histoire d’un couple. Parce qu’elle survient au moment où les deux partenaires ont encore en mémoire ce qu’ils sont capables de vivre ensemble. La distance entre l’été et septembre est douloureuse, mais elle est aussi une boussole : elle indique précisément ce qui manque.
Le travail commence par une distinction que la plupart des couples ne font pas seuls : séparer ce qui relève de la surcharge de ce qui relève du lien. Une part des tensions de septembre est purement logistique et se règle par une réorganisation concrète. Une autre part, plus profonde, concerne le sentiment d’être vu, entendu, désiré. Mélanger les deux conduit à négocier des plannings quand il faudrait parler d’amour, ou à parler d’amour quand il faudrait simplement répartir les tâches.
Vient ensuite le repérage du cycle de la rentrée : la séquence répétitive qui s’installe dès la première semaine. Souvent, l’un se replie dans le travail et l’autre attaque sur l’organisation ; l’un se sent contrôlé, l’autre abandonné. Nommer ce cycle, séance après séance, permet de le voir venir et de l’interrompre avant qu’il ne devienne la seule modalité de rencontre du couple jusqu’aux fêtes.
Enfin, parce que je suis à la fois thérapeute de couple et sexothérapeute, la question de l’intimité est abordée dès qu’elle est présente, sans détour ni gêne. Beaucoup de crises de rentrée sont, en réalité, des crises de désir masquées par des querelles d’agenda. Les traiter uniquement sur le plan de la communication laisse le vrai sujet intact.
Comment se déroule l’accompagnement, au cabinet ou en visio
Le premier rendez-vous dure une heure et se tient au cabinet, 4 rue de Berri, dans le 8e arrondissement, entre les Champs-Élysées et Saint-Philippe-du-Roule, à quelques minutes des lignes 1 et 9. Il est aussi possible en téléconsultation, ce qui, à la rentrée, est souvent la seule façon de trouver un créneau commun quand les deux agendas explosent.
Cette première séance a un objectif précis : comprendre ce que septembre a réveillé et ce que l’été avait mis en veille. Chacun est invité à décrire la rentrée depuis sa place. J’entends souvent deux récits qui ne se ressemblent pas, et c’est exactement là que le travail commence. Il n’y a pas de bon et de mauvais élève dans un couple en crise de rentrée.
Le rythme habituel est d’une séance toutes les deux semaines, ce qui laisse le temps d’expérimenter entre les rendez-vous. La plupart des couples que je reçois en septembre constatent un changement net avant les vacances de la Toussaint. La thérapie peut ensuite se poursuivre en visio pour les couples qui voyagent ou qui vivent en petite couronne, à Neuilly, Boulogne, Levallois ou Vincennes, sans avoir à traverser Paris un soir de semaine.
Pour comprendre plus largement ma façon de travailler, vous pouvez consulter la page dédiée à la thérapie de couple à Paris, ainsi que mon article sur les couples qui hésitent entre rester ou partir, une question que la rentrée pose souvent brutalement.

Ce qui distingue l’accompagnement de Magalie Singh
Je suis sexothérapeute et thérapeute de couple à Paris 8e, et je reçois des couples de tous horizons : jeunes parents, cadres du quartier des affaires, couples installés depuis vingt ans, couples recomposés qui vivent chaque rentrée avec deux calendriers de garde. Cette double formation me permet de ne jamais dissocier le lien affectif de l’intimité physique, ce que beaucoup d’approches strictement conjugales laissent de côté.
Régulièrement sollicitée par les médias, notamment sur CNEWS, pour décrypter les dynamiques de couple, je garde une pratique de terrain : mon cabinet reçoit chaque semaine des couples en crise réelle, pas des cas d’école. Mon approche est directe, concrète et respectueuse. Je ne prends parti pour personne, mais je ne laisse pas non plus un couple tourner en rond pendant des mois.
Si votre crise de rentrée s’accompagne d’un silence qui dure, mon article sur les couples qui ne se parlent plus décrit ce qui se joue derrière le mutisme. Et si l’épuisement domine, celui consacré au burn-out conjugal vous aidera à distinguer la fatigue du désamour.
Questions fréquentes sur la crise de couple à la rentrée
Est-ce normal de se disputer davantage en septembre ?
Oui, c’est extrêmement fréquent. La rentrée cumule une charge mentale maximale et un contraste brutal avec la disponibilité des vacances. Ce qui n’est pas normal, c’est que les disputes ne mènent nulle part et se répètent à l’identique semaine après semaine. C’est ce cycle-là qu’une thérapie de couple permet d’interrompre.
Nous nous sommes ennuyés ensemble pendant les vacances. Est-ce grave ?
Ce n’est pas un verdict, c’est une information. L’ennui à deux indique souvent que le couple a perdu ses espaces de rencontre non fonctionnels : pas de projet commun, pas de conversation qui ne concerne ni les enfants ni la maison. C’est l’un des sujets les plus faciles à travailler, à condition de ne pas le laisser se transformer en évitement.
Faut-il consulter tout de suite ou attendre que la reprise se stabilise ?
Si les tensions sont uniquement logistiques, quelques semaines suffisent souvent à retrouver un équilibre. Si vous ressentez de l’indifférence, de l’évitement, ou si l’un de vous pense à la séparation, attendre ne fait que rendre le travail plus long. Un premier rendez-vous permet de faire le tri sans engagement.
Mon partenaire refuse la thérapie de couple. Puis-je venir seul(e) ?
Oui. Un travail individuel sur votre place dans le couple modifie déjà la dynamique. Il arrive fréquemment que le partenaire réticent rejoigne les séances après quelques semaines, une fois qu’il constate que la démarche ne vise pas à le mettre en accusation.
Combien de temps dure une thérapie de couple commencée en septembre ?
Cela dépend de la profondeur de la crise. Une crise de rentrée récente se travaille souvent en huit à douze séances, soit environ un trimestre. Une crise qui révèle des difficultés plus anciennes, notamment sur l’intimité, demande un accompagnement plus long, mais les premiers effets se font sentir dès les premières semaines.
La téléconsultation est-elle aussi efficace que le cabinet ?
Pour la grande majorité des couples, oui. Le cadre reste le même, la confidentialité aussi. La visio présente même un avantage à la rentrée : elle supprime la contrainte du déplacement, qui est souvent ce qui fait renoncer les couples les plus débordés.
Votre rentrée ressemble à une crise ? Faites-en un tournant.
Thérapie de couple au cabinet, 4 rue de Berri, Paris 8e, ou en téléconsultation. Première séance d’une heure.
Références bibliographiques
Insee, Divorces, données annuelles 1995-2016, chiffres-clés (dernière année documentée : 128 043 divorces, taux brut de 1,92 pour 1 000 habitants).
Inserm, Santé publique France, ANRS, enquête Contexte des sexualités en France (CSF-2023), Activités sexuelles : fréquence des rapports et activité sexuelle des couples cohabitants.
Inserm, CSF-2023, Santé sexuelle et satisfaction : 45,3 % des femmes et 39,0 % des hommes se déclarent très satisfaits de leur vie sexuelle.
Gottman J. & Silver N., Les couples heureux ont leurs secrets, Pocket, 2001.
Johnson S., Serre-moi fort : sept conversations pour une vie entière d’amour, Les Éditions de l’Homme, 2011.
