« Alors, c’est pour quand ? » La question revient au dîner de famille, à la machine à café, au mariage d’un cousin. Vous répondez en souriant depuis des années, et puis un jour la phrase vous coûte. Pas parce que vous doutez de votre choix, mais parce que vous êtes fatigués d’avoir à le justifier. Les couples qui décident de ne pas avoir d’enfant forment une minorité durable en France, et cette minorité vit une expérience très particulière : celle de devoir défendre en permanence une décision que personne n’exige des autres. À force, la pression finit par entrer dans le couple lui-même — sous forme de doute, de reproche silencieux, ou de peur de ne plus être d’accord. Au cabinet du 4 rue de Berri, dans le 8e arrondissement de Paris, comme en visioconférence, je reçois régulièrement ces couples. Rarement parce qu’ils regrettent. Presque toujours parce que l’extérieur a fini par abîmer quelque chose à l’intérieur.

Couple sans enfant marchant ensemble, choix de vie assumé
Un projet de couple sans enfant demande d’être construit, pas seulement subi.

Un choix minoritaire, et donc constamment interrogé

Les travaux de l’Ined sont clairs : en France, déclarer vouloir rester sans enfant reste un choix minoritaire, dont la fréquence n’a pratiquement pas augmenté en deux décennies. Plus de la moitié des personnes concernées vivent en couple, et les raisons qu’elles avancent sont majoritairement ce que les chercheurs appellent des raisons « libertaires » : être bien sans enfant, vouloir rester libre. Autrement dit, il ne s’agit pas d’un renoncement mais d’une préférence assumée pour un autre mode de vie.

Le problème n’est donc pas le choix. Le problème est qu’il se fait à contre-courant d’une norme sociale extrêmement puissante, celle du « faire famille ». Cette norme ne s’exprime pas par des interdits mais par mille micro-remarques : la curiosité insistante, la présomption de problème médical, la certitude bienveillante que « vous changerez d’avis », le sous-entendu d’égoïsme. Prises une par une, ces remarques sont anodines. Accumulées sur dix ou quinze ans, elles produisent une usure réelle.

C’est un mécanisme que l’on retrouve, dans un registre différent, chez les couples confrontés à l’infertilité et aux parcours de PMA : dans les deux cas, le couple doit gérer un décalage avec l’attente sociale, sauf que l’un le subit et l’autre l’a choisi. Ce qui n’empêche pas les blessures de se ressembler.

Ce qui fragilise réellement ces couples

Le choix n’a jamais été vraiment posé à deux

Dans un nombre étonnant de cas, la décision n’a pas été formulée. Elle s’est installée : on a repoussé, on n’a pas abordé le sujet, on a supposé que l’autre pensait pareil. Puis dix ans passent. Un non-dit confortable n’est pas un accord. Le jour où l’un des deux ouvre la question, l’autre découvre parfois qu’il n’avait jamais donné son avis — seulement son silence.

L’un des deux a bougé

C’est la situation la plus douloureuse et l’une des plus fréquentes en consultation : à quarante ans, l’un des partenaires sent quelque chose se déplacer. Il ne « trahit » pas le pacte initial ; il constate qu’il n’est plus la personne qui l’a signé. L’autre, lui, se sent piégé et parfois trompé. Ce désaccord touche à un sujet où le compromis n’existe pas — on ne fait pas un demi-enfant. C’est précisément pour cela qu’il exige un espace tiers.

Le couple n’a pas construit son propre récit

Les couples parents disposent d’un scénario tout prêt : les étapes, les âges, les rituels. Les couples sans enfant, eux, doivent inventer entièrement la structure de leur vie commune : projets, rythmes, ce qui fait événement, ce qui donne du sens. Ceux qui ne le font pas se retrouvent, vers la quarantaine, face à un vide qu’ils attribuent à tort à l’absence d’enfant, alors qu’il s’agit d’une absence de projet. C’est un cousin direct de l’enlisement dans la routine que je décris ailleurs.

La pression familiale s’invite dans le couple

Quand les parents de l’un insistent lourdement et que ce dernier ne pose aucune limite, la charge retombe entièrement sur l’autre, qui devient le « responsable » du choix aux yeux de la famille. Le vrai sujet n’est alors pas l’enfant, mais la loyauté. Qui protège qui ? À qui appartient la décision ?

Couple en discussion apprenant à formuler ses désaccords
Un non-dit confortable n’est pas un accord : le choix mérite d’être posé à voix haute.

Les signes qu’il est temps de consulter

Aucun de ces signaux ne signifie que votre couple est en danger. Ils signifient qu’une question importante attend une réponse — et que vous n’arrivez plus à la traiter seuls.

L’approche Ataméa : rendre la décision consciente

Je ne prends jamais parti pour l’enfant ou contre l’enfant. Ce n’est ni mon rôle ni ma compétence. Mon travail consiste à rendre la décision consciente, partagée, et vivable — quel que soit son contenu.

Première étape : dissocier le désir d’enfant du reste. Derrière « je veux un enfant » se cachent parfois une peur du vide, une pression familiale, une angoisse de vieillir, une tentative de réparer le couple. Derrière « je n’en veux pas », on trouve parfois une peur de reproduire sa propre enfance. Nommer ce qui est réellement en jeu change souvent la conversation du tout au tout.

Deuxième étape : restaurer la capacité à se parler. Sur un sujet aussi chargé, les couples s’enferment vite dans un schéma où l’un insiste et l’autre se ferme. Nous cassons ce schéma avant même d’aborder le fond, faute de quoi chaque échange ne fait qu’aggraver la blessure. C’est le même travail de fond que celui mené sur la répartition de la charge mentale : on répare le canal avant de discuter du contenu.

Troisième étape : construire le projet, quel qu’il soit. Si le choix sans enfant est confirmé, il devient un vrai projet de vie, avec ce qu’il implique : transmission autrement, engagement, création, entourage choisi, rapport à la vieillesse anticipé. Un choix assumé et nourri résiste infiniment mieux aux remarques extérieures qu’un choix par défaut.

Quatrième étape : protéger la frontière du couple. Nous travaillons très concrètement les réponses à donner à l’extérieur, et surtout le fait que chacun défende la décision commune devant sa propre famille, jamais l’autre à sa place.

Comment se déroulent les séances

La première séance dure une heure et réunit les deux partenaires quand c’est possible. Chacun expose sa version, sans interruption, et je restitue ce que j’entends de la position de l’un et de l’autre — souvent la première fois qu’elles sont formulées aussi nettement.

Le rythme habituel est d’une séance toutes les deux semaines. Sur cette problématique, la plupart des couples y voient clair en six à dix séances : soit la décision se stabilise, soit le désaccord devient assez explicite pour être traité franchement plutôt que par usure.

Le cabinet est situé 4 rue de Berri, Paris 8e, à proximité immédiate des Champs-Élysées, accessible depuis Neuilly-sur-Seine, Levallois-Perret, Boulogne-Billancourt ou Courbevoie. La visioconférence est proposée dans les mêmes conditions, ce qui convient particulièrement aux couples aux horaires décalés ou dont l’un des membres voyage beaucoup. Je reçois en français et en anglais. Le tarif de la première séance de couple est de 300 € pour 60 minutes, et toute annulation se signale au moins 48 heures à l’avance.

Séance de thérapie de couple au cabinet parisien
Un espace tiers permet de traiter franchement un sujet où le compromis n’existe pas.

Ce qui distingue mon accompagnement

Je suis thérapeute de couple et sexothérapeute, ce qui compte plus qu’il n’y paraît sur ce sujet. Quand la question de l’enfant s’installe durablement dans un couple, elle finit presque toujours par contaminer l’intimité : rapports programmés puis évités, sentiment d’être utilisé, désir qui s’éteint. Pouvoir traiter la décision et ses effets sur la vie intime dans le même espace évite de découper le couple en tranches.

J’exerce à Paris 8e, j’interviens régulièrement dans les médias — notamment sur CNEWS — sur les questions de couple et de sexualité, et je reçois indifféremment en français ou en anglais, au cabinet comme à distance.

Poser la question une bonne fois, ensemble

Une première séance suffit souvent à sortir du tourniquet. Cabinet Paris 8e ou visioconférence, en français ou en anglais.

Prendre rendez-vous

Questions fréquentes

Allez-vous essayer de nous convaincre d’avoir un enfant ?

Non, jamais. Ni dans un sens ni dans l’autre. Mon rôle est de vous aider à décider vous-mêmes, en connaissance de cause, et à vivre cette décision sans qu’elle abîme votre lien.

Nous ne sommes plus d’accord. Est-ce forcément une rupture ?

Non. Certains couples aboutissent à une décision commune, d’autres à une séparation choisie et respectueuse, d’autres encore découvrent que le désaccord portait sur autre chose. Le travail sert à ce que la sortie, quelle qu’elle soit, soit consciente et non subie.

Peut-on venir alors que tout va bien par ailleurs ?

Oui, et c’est même la meilleure configuration. Anticiper une question structurante est plus efficace que d’attendre qu’elle ait creusé plusieurs années de non-dits.

Comment répondre aux remarques de la famille ?

Nous préparons concrètement des formulations courtes, fermes et non agressives. Le principe de base : une réponse brève, sans justification détaillée, portée par celui ou celle dont la famille est concernée.

Notre vie sexuelle s’est éteinte depuis que ce sujet est là. Est-ce lié ?

Très probablement. L’intimité supporte mal d’être devenue le terrain d’un enjeu non résolu. C’est un motif de consultation à part entière, que nous traitons conjointement.

Les séances en visio conviennent-elles à ce type de travail ?

Oui. Le cadre est identique, à condition de disposer d’un lieu calme où vous ne serez pas interrompus, et idéalement d’être tous les deux dans la même pièce.

Références bibliographiques

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