« Ça fait quatre ans que je cherche votre numéro. » Cette phrase, je l’entends souvent en début de première séance, presque toujours dite avec un demi-sourire gêné. Entre le moment où une difficulté sexuelle apparaît dans un couple et le moment où l’on décide d’en parler à un professionnel, il s’écoule fréquemment plusieurs années — parfois une décennie. Ce délai n’a rien à voir avec la gravité du problème. Il a tout à voir avec la honte.
Cet article n’est pas un plaidoyer pour consulter. C’est une tentative honnête de décrire ce qui retient, parce que la plupart des personnes qui repoussent la sexothérapie ne le font pas par désinvolture : elles le font pour de très bonnes raisons, à leurs propres yeux. Comprendre ces raisons est souvent le premier pas pour les dépasser.

Pourquoi la honte est si puissante sur ce terrain précis
La sexualité occupe une position singulière : c’est le seul domaine où l’on est simultanément censé être spontané, performant et parfaitement informé, sans avoir jamais reçu d’enseignement sérieux à ce sujet. L’écart entre cette exigence implicite et la réalité vécue produit mécaniquement de la honte.
S’y ajoute une croyance très répandue : que la sexualité serait une donnée naturelle, et qu’un dysfonctionnement révélerait donc quelque chose de défectueux chez la personne elle-même. C’est cette confusion entre « j’ai un problème » et « je suis le problème » qui paralyse. On accepte volontiers d’avoir mal au dos ; on accepte beaucoup moins d’avoir mal à son désir.
Les données invitent pourtant à relativiser massivement le sentiment d’anormalité. L’enquête Contexte des sexualités en France menée par l’Inserm montre qu’en 2023, seules 45,3 % des femmes et 39,0 % des hommes se déclarent très satisfaits de leur vie sexuelle actuelle. Autrement dit : la majorité de la population ne l’est pas. La même enquête indique que la fréquence moyenne des rapports a nettement baissé depuis les années 1990, y compris chez les couples cohabitants. La « norme » à laquelle chacun se compare en silence n’existe tout simplement pas.
Les cinq freins que je rencontre le plus souvent
1. « Ce n’est pas assez grave. » Le seuil que les gens se fixent est terriblement haut. Beaucoup attendent une rupture imminente pour consulter, alors que le travail est bien plus rapide et plus léger quand on vient tôt.
2. « Je vais devoir tout raconter en détail. » C’est probablement la crainte la plus répandue, et la plus infondée. Une consultation de sexothérapie n’est pas un interrogatoire ; le rythme de ce qui se dit vous appartient entièrement.
3. « Mon partenaire va le prendre comme une accusation. » Proposer une sexothérapie est souvent vécu par l’autre comme un bulletin de notes. La manière de formuler la demande compte alors énormément — j’y reviens plus bas.
4. « À mon âge, c’est ridicule. » Frein très fréquent après 50 ans, alors même que 56,6 % des femmes et 73,8 % des hommes de 50 à 89 ans restent sexuellement actifs selon l’Inserm. L’idée d’une sexualité qui « n’a plus lieu d’être » relève du préjugé, pas de la clinique.
5. « Je préfère régler ça seul. » Souvent chez les hommes, souvent avec des mois de recherches en ligne, de compléments alimentaires ou de techniques trouvées sur des forums. Ce détour coûte du temps et, généralement, renforce l’anxiété de performance.
Les signes qu’il est temps de franchir le pas
Il n’existe pas de seuil objectif. Mais quelques indicateurs sont fiables :
- La difficulté dure depuis plus de six mois et ne s’améliore pas d’elle-même.
- Vous avez cessé d’en parler à deux, ou chaque tentative se solde par une dispute.
- Vous organisez votre quotidien pour éviter les situations d’intimité (se coucher à des heures différentes, par exemple).
- Il y a de la douleur — jamais un symptôme à banaliser, et un motif de consultation médicale en parallèle.
- Vous faites semblant, régulièrement, pour préserver l’autre. Ce mécanisme est décrit en détail dans notre article sur le fait de simuler l’orgasme.
- Le sujet a débordé sur le reste : irritabilité, distance, remise en question du couple lui-même.

Ce qui se passe réellement en séance — l’approche Ataméa
Dissipons d’abord le malentendu principal : une sexothérapie ne comporte aucun examen physique, aucune nudité, aucune démonstration, aucun contact. C’est un travail par la parole, complété par des propositions concrètes à expérimenter chez vous, dans votre intimité, à votre rythme.
La première séance : poser le problème, pas le résoudre
Je commence par comprendre la difficulté telle que vous la vivez, son histoire, son contexte. Je pose des questions, mais vous avez à tout moment le droit de répondre « je préfère ne pas en parler aujourd’hui », et ce droit est réellement respecté. Beaucoup de patients me disent en fin de première séance avoir été surpris par la banalité tranquille de l’échange.
Le travail sur les représentations
Une grande partie des difficultés sexuelles reposent sur des croyances jamais interrogées : ce qu’un rapport « doit » comporter, ce qu’un désir « normal » serait, ce qu’un corps de 45 ans est censé faire. Défaire ces scripts libère souvent plus d’espace que n’importe quelle technique.
Les propositions concrètes
Selon la situation, le travail peut inclure des exercices progressifs de reconnexion sensorielle, un rééchelonnement des attentes, un travail sur l’anxiété de performance, ou une exploration du désir en dehors de la seule sexualité génitale. Rien ne vous est jamais imposé ; tout est co-construit et ajustable.
L’articulation avec le couple
Comme je suis également thérapeute de couple, le travail peut basculer d’un registre à l’autre quand c’est nécessaire — car une difficulté sexuelle se nourrit parfois d’un conflit relationnel non traité, et l’inverse est tout aussi vrai. Voir à ce sujet notre article sur la baisse de désir dans le couple.
Cabinet à Paris 8e ou téléconsultation
Je reçois 4 rue de Berri, Paris 8e, dans un cabinet discret proche des Champs-Élysées, accessible depuis l’ensemble de Paris ainsi que de Neuilly-sur-Seine, Levallois-Perret, Boulogne-Billancourt ou Courbevoie. La première séance de couple dure 60 minutes (300 €).
Pour beaucoup de personnes freinées par la honte, la visioconférence est un excellent point d’entrée : parler depuis chez soi lève une partie considérable de l’appréhension, et il est toujours possible de basculer vers le présentiel ensuite. Les modalités sont détaillées dans notre page sur la sexothérapie en ligne.
Comment en parler à votre partenaire
Un conseil qui fonctionne remarquablement bien : formulez la demande à partir de vous, jamais à partir de l’autre. « J’aimerais qu’on aille voir quelqu’un parce que je ne sais plus comment m’y prendre et que ça me pèse » ouvre une porte. « Il faudrait qu’on consulte parce que tu… » la ferme immédiatement. Et si votre partenaire refuse, venir seul reste pleinement pertinent : la sexualité se joue à deux, mais elle se travaille aussi très efficacement à un.

Ce qui distingue mon accompagnement
Je suis sexothérapeute et thérapeute de couple, ce qui permet de ne pas isoler artificiellement la sexualité du reste de la relation. Je reçois à Paris 8e et en visioconférence, je suis intervenue sur CNEWS sur ces sujets, et je pratique un accompagnement où la clarté prime sur les précautions oratoires. Rien de ce que vous direz ne me surprendra, et rien ne sera jugé. Ma page thérapie de couple présente l’ensemble de ma démarche.
Questions fréquentes
Y a-t-il un examen physique ?
Non, jamais. Aucun contact, aucune nudité, aucune démonstration. Si une cause organique est suspectée, je vous oriente vers un médecin, et les deux suivis se complètent.
Dois-je venir en couple ?
Pas nécessairement. Le travail individuel est fréquent et efficace, notamment quand le partenaire n’est pas prêt.
Est-ce confidentiel ?
Absolument. Rien de ce qui se dit en séance n’en sort, et en séance de couple, je ne rapporte pas à l’un ce que l’autre m’a confié séparément.
Et si je n’arrive pas à en parler ?
C’est prévu, et c’est même très courant. Une partie du travail des premières séances consiste précisément à construire les mots. Venir sans savoir quoi dire est une raison valable de venir.
Combien de temps dure une sexothérapie ?
Les difficultés ciblées se travaillent souvent en huit à douze séances. Les problématiques plus anciennes, ou intriquées à un vécu traumatique, demandent davantage de temps.
Est-il trop tard après 60 ans ?
Non. Les données de l’Inserm montrent une vie sexuelle active bien au-delà, et l’expérience clinique le confirme : les remaniements du désir aux âges avancés sont parmi les plus intéressants à accompagner.
Vous y pensez depuis longtemps. C’est déjà le signe que le moment est venu.
Cabinet à Paris 8e — 4 rue de Berri — ou en visioconférence. Première séance de couple : 60 minutes, 300 €.
Références bibliographiques
- Inserm / Santé publique France, enquête CSF-2023 — Santé sexuelle et satisfaction sexuelle.
- Inserm / Santé publique France, enquête CSF-2023 — Activités sexuelles et activité aux âges avancés.
- Inserm / Santé publique France, enquête CSF-2023 — Opinions et représentations.
- Masters, W. H. & Johnson, V. E., Human Sexual Inadequacy, Little, Brown & Co.
- Basson, R., « The Female Sexual Response: A Different Model », Journal of Sex & Marital Therapy, 2000.
