On estime qu’une femme sur dix vit avec une endométriose, une maladie chronique où un tissu semblable à celui de l’utérus se développe ailleurs dans le corps, provoquant douleurs et inflammation. Derrière ce chiffre se cache une réalité intime rarement abordée : l’endométriose bouleverse la sexualité et, avec elle, l’équilibre du couple. Rapports douloureux, appréhension, fatigue, sentiment de trahison de son propre corps… Beaucoup de femmes que je reçois à mon cabinet parisien du 8e, ou en visioconférence, portent cette souffrance en silence depuis des années. Pourtant, une vie intime épanouie reste possible, même avec l’endométriose — à condition de comprendre ce qui se joue et de s’autoriser à en parler.
Pourquoi l’endométriose bouleverse la sexualité et le couple
Le symptôme le plus directement lié à l’intimité, c’est la dyspareunie profonde : une douleur ressentie pendant ou après les rapports, particulièrement lors de la pénétration profonde. Cette douleur n’est pas « dans la tête » : elle a une origine physiologique réelle, liée aux lésions et aux adhérences. Mais elle enclenche vite un cercle vicieux psychologique. Le corps anticipe la douleur, se crispe, et l’appréhension finit par éteindre le désir avant même que le rapport ne commence.
À cette dimension physique s’ajoute un poids émotionnel considérable. L’endométriose est une maladie longtemps invisible, souvent diagnostiquée avec des années de retard, ce qui laisse beaucoup de femmes avec le sentiment de ne pas avoir été crues. Cette errance médicale abîme le rapport au corps et à la féminité. S’ajoutent la fatigue chronique, les traitements hormonaux qui modifient la libido, et parfois l’angoisse liée à la fertilité. Le désir, lui, a besoin de sécurité et de légèreté pour s’épanouir : difficile dans ce contexte.

Le partenaire, de son côté, se retrouve souvent démuni. Par peur de faire mal, il peut se retirer, ce que la femme interprète parfois comme un rejet ou une perte de désir. Les non-dits s’installent, et l’endométriose, maladie d’une personne, devient peu à peu une épreuve du couple tout entier. C’est précisément pour cela que l’accompagnement doit inclure les deux partenaires.
Les signes qu’il est temps de consulter
Beaucoup de femmes attendent trop longtemps, persuadées qu’il faut « faire avec ». Or certains signaux indiquent qu’un accompagnement en sexothérapie serait bénéfique. Le premier, c’est l’évitement : vous repoussez les rapports, vous inventez des prétextes, vous redoutez les moments d’intimité. Le deuxième, c’est la perte de désir qui s’étend au-delà de la douleur elle-même, comme si tout l’élan sexuel s’était éteint.
D’autres indices méritent attention : un sentiment de culpabilité vis-à-vis du partenaire, l’impression de « ne plus être une vraie femme », une communication de couple qui se tend autour de la sexualité, ou encore une tristesse persistante liée à votre vie intime. Consulter n’est pas un aveu d’échec : c’est refuser que la maladie confisque votre sexualité. Plus la démarche est précoce, plus il est facile d’éviter que le cercle douleur-évitement-frustration ne se referme durablement.
L’approche Ataméa : accompagner le corps et le lien
Je tiens à le dire clairement : la sexothérapie ne remplace jamais le suivi médical de l’endométriose. Le diagnostic, les traitements et la prise en charge de la douleur relèvent de votre gynécologue et de l’équipe spécialisée. Mon rôle intervient en complément, sur tout ce que la médecine ne traite pas : le vécu intime, le désir, la communication de couple et la reconquête d’une sexualité adaptée.
La méthode Ataméa part d’un principe simple : quand la pénétration profonde est douloureuse, on ne renonce pas à la sexualité, on la réinvente. Nous travaillons à élargir la définition de l’intimité au-delà du seul rapport pénétratif : sensualité, caresses, plaisir clitoridien, positions qui limitent la douleur, communication du plaisir et des limites. Cette approche rejoint mon travail sur la douleur pendant les rapports et sur le couple face à la maladie chronique.

Le second axe, c’est le couple. J’aide les partenaires à sortir du malentendu où l’un se protège en se retirant et l’autre se sent rejetée. Remettre des mots justes sur la douleur, sur la peur de faire mal, sur le désir qui existe toujours mais autrement, réconcilie le couple avec sa vie intime. La thérapie de couple et la sexothérapie se conjuguent alors naturellement.
Comment se déroule l’accompagnement, au cabinet ou en visio
La première séance est un temps d’écoute. Vous venez seule ou en couple, au cabinet du 4 rue de Berri, Paris 8e, ou en visioconférence — une modalité précieuse les jours où la fatigue ou la douleur rendent les déplacements difficiles. Aucun sujet n’est tabou et aucun jugement n’a sa place : nous parlons du corps, du désir et de la douleur avec la même précision clinique que celle avec laquelle on aborderait n’importe quelle question de santé.
Ensuite, nous avançons à votre rythme. Il n’y a jamais d’objectif de performance, seulement celui de réhabiter votre corps et votre sexualité sans appréhension. Selon les situations, je propose des exercices de reconnexion corporelle, un travail sur la communication du plaisir dans le couple, et des repères concrets pour aménager une intimité qui respecte les limites imposées par la maladie tout en laissant place au plaisir.

Ce qui distingue mon accompagnement
Ma double casquette de sexothérapeute et de thérapeute de couple est particulièrement adaptée à l’endométriose, qui se situe exactement à l’intersection du corps intime et du lien conjugal. Je peux ainsi accueillir à la fois la femme dans son rapport à sa sexualité et le couple dans sa manière de traverser l’épreuve. Mon approche est humaine, incarnée et concrète, loin des discours culpabilisants ; c’est aussi ce que je défends dans mes interventions médiatiques, notamment sur CNEWS, pour briser le silence autour de la santé sexuelle des femmes.
Depuis mon cabinet de Paris 8e, j’accompagne des femmes et des couples de tout Paris et de l’Île-de-France — de Neuilly à Versailles — qui souhaitent que l’endométriose cesse de dicter leur vie intime. La maladie fait partie de votre histoire ; elle n’a pas à écrire toute votre sexualité.
Impliquer le partenaire, un pilier de la reconquête
L’endométriose est trop souvent vécue comme un fardeau solitaire par la femme, alors que le partenaire a un rôle décisif à jouer. Le premier cadeau qu’il puisse offrir, c’est de croire la douleur sans la minimiser. Trop de femmes ont entendu « ce n’est pas si grave » ou « fais un effort » : ces phrases, même bien intentionnées, ajoutent de la solitude à la souffrance.
En séance, j’aide le partenaire à comprendre le mécanisme de la douleur et à sortir de la posture du retrait protecteur. Se mettre en retrait par peur de faire mal produit souvent l’effet inverse : la femme se sent devenue indésirable. Nous travaillons donc à remplacer l’évitement par une communication active : demander, vérifier, ajuster ensemble. Le couple apprend à faire du plaisir un terrain d’exploration commun plutôt qu’une source d’angoisse.
Concrètement, cela passe par des repères simples et rassurants : privilégier les moments où la douleur est la plus basse dans le cycle, choisir des positions qui limitent la pénétration profonde, élargir le répertoire des caresses et du plaisir non pénétratif, et se donner le droit d’interrompre sans culpabilité. Loin d’appauvrir la sexualité, ces ajustements l’enrichissent souvent d’une tendresse et d’une créativité nouvelles. C’est là tout le paradoxe : la contrainte imposée par la maladie peut devenir l’occasion de réinventer une intimité plus attentive à l’autre.
Questions fréquentes
La sexothérapie peut-elle faire disparaître la douleur de l’endométriose ?
Non, la douleur physique relève du suivi médical. En revanche, la sexothérapie agit sur tout ce qui entoure la douleur : l’appréhension, la crispation, l’évitement et la communication de couple, ce qui améliore nettement le vécu intime.
Faut-il venir seule ou en couple ?
Les deux sont possibles et souvent complémentaires. Un travail individuel aide à se réapproprier son corps, tandis qu’un travail de couple dissout les malentendus autour du désir et de la peur de faire mal.
Peut-on avoir une sexualité épanouie malgré des rapports douloureux ?
Oui. La sexualité ne se résume pas à la pénétration. En élargissant le champ du plaisir et en apprenant à communiquer ses limites, de nombreux couples retrouvent une intimité riche et satisfaisante.
Les traitements hormonaux qui baissent ma libido : peut-on y faire quelque chose ?
La modification de la libido sous traitement est fréquente et mérite d’être abordée sans tabou. Si l’ajustement médicamenteux relève de votre médecin, la sexothérapie aide à entretenir le désir autrement : en cultivant l’imaginaire érotique, la complicité et les sensations, on soutient une vie intime qui ne dépend pas uniquement des variations hormonales.
Consultez-vous à distance ?
Oui, je propose des séances en visioconférence, particulièrement adaptées aux jours de fatigue ou de douleur, avec le même accompagnement qu’au cabinet parisien.
L’endométriose n’a pas à confisquer votre intimité. Ensemble, réinventons une sexualité qui respecte votre corps et retisse votre lien de couple.
Références bibliographiques
- Inserm — Contexte des sexualités en France : santé sexuelle.
- American Psychological Association — Marriage and relationships.
- Chapron C. et al., « Rethinking mechanisms, diagnosis and management of endometriosis », Nature Reviews Endocrinology, 2019.
