Elle a 41 ans, un poste exigeant dans le 8e arrondissement, deux enfants et un agenda qui ne laisse aucune place à un aller-retour de quatre-vingt-dix minutes en milieu de journée. Lui travaille à Levallois et rentre rarement avant vingt heures. Depuis deux ans, leur vie sexuelle s’est éteinte sans drame, sans dispute, par simple attrition. Ils savent qu’il faudrait en parler à quelqu’un. Ils ne l’ont jamais fait, parce que prendre rendez-vous chez un sexothérapeute suppose de trouver un créneau que personne n’a.
La sexothérapie en ligne a fait sauter ce verrou. Depuis 2020, la téléconsultation est devenue un mode d’accompagnement à part entière, et non un pis-aller réservé aux périodes de confinement. Mais elle soulève encore beaucoup de questions légitimes : peut-on vraiment parler d’intimité derrière un écran ? Que fait-on concrètement pendant une séance ? Est-ce aussi efficace qu’au cabinet ? Cet article répond point par point, sans idéaliser la visio ni la disqualifier.
Pourquoi la sexothérapie à distance lève les vrais obstacles
Quand on interroge les personnes qui repoussent depuis des mois une première consultation en sexologie, trois freins reviennent toujours. Le premier est logistique : le temps de trajet dans Paris, la difficulté de justifier une absence au bureau, la garde des enfants. Le deuxième est la honte : franchir la porte d’un cabinet, croiser quelqu’un dans la salle d’attente, prononcer à voix haute des mots que l’on n’a jamais dits. Le troisième est la dissymétrie du couple : l’un est prêt, l’autre non, et le simple fait de devoir se déplacer ensemble devient le prétexte parfait pour repousser.
La téléconsultation désamorce les trois. Elle supprime le trajet, elle permet de consulter depuis un espace que l’on maîtrise, et elle rend possible des configurations souples : une séance à deux depuis le salon, une séance individuelle depuis un bureau fermé, un partenaire qui rejoint la visio depuis une autre ville. Le cadre thérapeutique ne dépend pas des murs, il dépend de la qualité de l’alliance et de la rigueur du protocole.
Il y a aussi une raison plus profonde. Les usages intimes se sont massivement déplacés vers le numérique : selon l’enquête Contexte des sexualités en France de l’Inserm, 33 % des femmes et 46,6 % des hommes déclarent avoir déjà eu une expérience sexuelle en ligne. Consulter un sexothérapeute par écran interposé n’est plus une anomalie culturelle : c’est un prolongement cohérent de la manière dont les couples vivent déjà une partie de leur intimité.

Ce que l’on peut réellement travailler à distance
La sexothérapie n’est pas un examen médical. C’est un travail de parole, de représentations, d’apprentissages et d’exercices réalisés entre les séances, dans l’intimité du couple. La quasi-totalité de ce qui se fait en cabinet se transpose en visio. Concrètement, la téléconsultation permet d’aborder :
Les troubles du désir et les écarts de libido
Désir en berne, écart de rythme entre les partenaires, sentiment d’être devenu un colocataire : ce sont les motifs de consultation les plus fréquents. Le travail consiste à cartographier les déclencheurs et les freins du désir de chacun, à défaire l’équation entre désir et performance, et à réintroduire progressivement des contextes favorables. Vous pouvez approfondir ce point dans notre article sur la baisse de désir dans le couple.
Les difficultés de plaisir et d’orgasme
Anorgasmie, plaisir difficile à atteindre, sensations émoussées : le travail passe par de la psychoéducation (comprendre comment fonctionne réellement la réponse sexuelle, qui n’est pas linéaire), par la réduction de l’anxiété de performance, et par des exercices d’exploration sensorielle guidés à domicile. La visio est ici parfaitement adaptée, puisque les exercices se font de toute façon chez soi.
Les douleurs et les blocages
Vaginisme, dyspareunie, contractions réflexes : la dimension psychocorporelle se travaille par la respiration, la relaxation, la désensibilisation progressive et la remise en confiance. Ces protocoles sont explicitement conçus pour être pratiqués seul ou en couple, entre les séances. Une articulation avec un médecin ou une sage-femme reste indispensable pour écarter une cause organique.
Les difficultés masculines
Éjaculation prématurée ou retardée, trouble de l’érection d’origine psychogène, anxiété de performance : la sexothérapie apporte des techniques concrètes et un travail sur le scénario mental. La discrétion de la téléconsultation lève souvent une inhibition majeure chez des hommes qui n’auraient jamais poussé la porte d’un cabinet.
Ce qui demande le cabinet ou un autre professionnel
Soyons clairs sur les limites. Aucun examen clinique n’est réalisé en sexothérapie, ni en visio ni au cabinet : tout symptôme physique doit être évalué par un médecin. Par ailleurs, certaines situations appellent un cadre présentiel ou un relais spécialisé : violences au sein du couple, emprise, idées suicidaires, addiction sévère, décompensation psychiatrique. Dans ces cas, l’orientation vers les structures adaptées est immédiate et prioritaire.
Les signes qu’il est temps de consulter
On attend en moyenne plusieurs années avant de consulter en sexologie. Quelques repères concrets pour ne pas laisser s’installer l’irréversible :
- Le sujet est devenu intouchable. Vous évitez d’en parler parce que chaque tentative finit en reproche ou en silence.
- Vous organisez l’évitement. Se coucher à des heures différentes, prolonger une série, invoquer la fatigue : le corps s’est mis à esquiver avant même la pensée.
- L’un des deux fait semblant. Accepter des rapports sans désir pour préserver la paix use plus vite qu’une dispute franche.
- La difficulté déborde sur le reste. Irritabilité, perte d’estime de soi, tentation de chercher ailleurs une validation.
- Un événement de vie a rebattu les cartes. Naissance, ménopause, maladie, nouveau traitement, changement professionnel majeur.
Aucun de ces signes n’est en soi alarmant. Leur accumulation, en revanche, indique que le couple ne parvient plus à se réguler seul et qu’un tiers formé peut faire gagner des mois.

L’approche Ataméa appliquée à la téléconsultation
La méthode ne change pas parce que la séance se tient en visio. Elle repose sur quatre principes.
Un diagnostic avant tout protocole. La première séance ne prescrit rien. Elle sert à comprendre l’histoire du symptôme, son contexte, sa fonction dans la relation, et à distinguer ce qui relève du corps, du psychisme ou de la dynamique conjugale. Un désir en berne peut cacher un conflit non dit, un épuisement, un effet secondaire de traitement ou une histoire personnelle ancienne.
Le couple comme unité de travail, sans exclure l’individuel. Le symptôme appartient rarement à une seule personne. Selon les situations, le suivi alterne des séances à deux et des séances individuelles, ce que la visio rend particulièrement simple à organiser.
Des exercices concrets entre les séances. C’est la spécificité de la sexothérapie par rapport à une psychothérapie généraliste : on repart avec quelque chose à faire. Exercices sensoriels progressifs, protocoles de communication, temps ritualisés. Le changement se produit entre les séances, pas pendant.
Une articulation avec le soin somatique. Gynécologue, urologue, endocrinologue, médecin traitant : la sexothérapie ne remplace jamais un avis médical, elle le complète. Vous retrouverez la philosophie générale du cabinet sur la page thérapie de couple et sur celle dédiée à la sexothérapie à Paris.
Comment se déroule une séance en ligne, concrètement
Avant. Vous réservez un créneau en ligne. Un lien de visioconférence sécurisé vous est adressé. Aucun logiciel à installer dans la plupart des cas : un navigateur à jour suffit.
Le cadre matériel. Trois conditions font toute la différence : une pièce où personne ne peut entrer, un casque ou des écouteurs (qui améliorent énormément la qualité de l’échange et la confidentialité), et une connexion stable. Si vous consultez à deux, installez-vous côte à côte sur un même écran plutôt que sur deux appareils : la proximité physique fait partie du travail.
Pendant. Une séance dure environ soixante minutes. La première est plus longue et plus exploratoire. On y parle de l’histoire du couple, de l’histoire du symptôme, des attentes de chacun. Les séances suivantes alternent reprise des exercices, apports théoriques ciblés et travail sur la communication.
Le rythme. En général toutes les deux semaines au démarrage, puis un espacement progressif. La majorité des accompagnements se déroule sur six à quinze séances, avec des premiers effets souvent perceptibles dès les trois ou quatre premières.
Le format mixte. Rien n’oblige à choisir définitivement. Beaucoup de couples parisiens alternent une séance au cabinet du 8e arrondissement et deux en visio, selon leurs semaines. Le fonctionnement détaillé de la visio est décrit dans notre article thérapie de couple en visio : comment ça marche.

Ce qui distingue l’accompagnement de Magalie Singh
Une double compétence. Magalie Singh est à la fois sexothérapeute et thérapeute de couple. C’est déterminant : un trouble sexuel est presque toujours pris dans une dynamique relationnelle, et une crise conjugale a presque toujours une traduction sexuelle. Traiter l’un sans l’autre revient à soigner un symptôme en ignorant son terrain.
Une pratique réellement hybride. Le cabinet est situé 4 rue de Berri, dans le 8e arrondissement de Paris, et la téléconsultation n’est pas un service accessoire : c’est un mode de suivi structuré, avec le même cadre, la même durée et le même protocole qu’en présentiel.
Une parole publique assumée. Intervenante sur CNEWS sur les questions de couple et de sexualité, Magalie Singh défend une approche désidéalisée et sans jugement, loin des injonctions à la performance qui saturent le discours ambiant.
Un accompagnement orienté résultats. Pas de suivi indéfini : des objectifs posés dès la première séance, des exercices entre les rendez-vous, et une réévaluation régulière de ce qui bouge et de ce qui résiste.
Questions fréquentes
La sexothérapie en ligne est-elle aussi efficace qu’au cabinet ?
Pour les motifs les plus courants — désir, plaisir, communication intime, difficultés érectiles ou éjaculatoires d’origine psychogène — les résultats sont comparables. La sexothérapie repose sur la parole et sur des exercices réalisés à domicile, deux dimensions qui ne perdent rien à la distance. Le présentiel garde un avantage lorsque le lien thérapeutique est fragile ou que la situation est complexe.
Est-ce confidentiel ?
Oui. Le secret professionnel s’applique de la même manière qu’en cabinet. La visioconférence se tient sur un lien sécurisé, les séances ne sont jamais enregistrées, et il vous appartient de choisir un lieu où vous ne pouvez pas être entendu.
Peut-on consulter seul pour un problème de couple ?
Oui, et c’est fréquent. Un travail individuel modifie déjà la dynamique relationnelle. Il est fréquent que le partenaire initialement réticent rejoigne le suivi après quelques séances, précisément parce que la visio abaisse le coût d’entrée.
Que faire si mon trouble a une cause physique ?
Une évaluation médicale reste indispensable devant toute douleur, tout saignement ou tout changement brutal. La sexothérapie intervient en complément du soin médical, jamais à sa place. Un traitement en cours, une pathologie chronique ou un déséquilibre hormonal peuvent expliquer une part du symptôme.
Combien de séances faut-il prévoir ?
Cela dépend du motif et de l’ancienneté de la difficulté. Un ordre de grandeur réaliste se situe entre six et quinze séances, avec des améliorations souvent perceptibles avant la fin du parcours.
Faut-il habiter Paris ?
Non. La téléconsultation s’adresse aussi bien aux Parisiens qu’aux couples de Neuilly-sur-Seine, Boulogne-Billancourt, Levallois-Perret, Versailles ou Saint-Germain-en-Laye, et aux francophones installés à l’étranger.
Vous repoussez cette consultation depuis des mois ?
La première séance sert d’abord à comprendre. En visio ou au cabinet, 4 rue de Berri, Paris 8e.
Références bibliographiques
- Inserm, Santé publique France, ANRS. Contexte des sexualités en France (CSF-2023) — Sexualités et numérique. csf.inserm.fr
- Inserm, Santé publique France, ANRS. Contexte des sexualités en France (CSF-2023) — Santé sexuelle. csf.inserm.fr
- Basson R. The female sexual response: a different model. Journal of Sex and Marital Therapy, 2000.
- Masters W. H., Johnson V. E. Human Sexual Inadequacy. Little, Brown and Company, 1970.
- Organisation mondiale de la santé. Defining sexual health: report of a technical consultation on sexual health. Genève, 2006.
