Ils arrivent souvent en fin de journée, entre deux rendez-vous, chacun avec son téléphone posé face contre table. Elle dirige une structure de trente personnes à La Défense, il a monté sa société il y a six ans depuis leur cuisine de Neuilly. Ils ne sont pas en crise — pas au sens spectaculaire du terme. Ils viennent parce qu’ils ont réalisé, un dimanche soir, que la dernière conversation qui ne portait pas sur le travail, les enfants ou la logistique remontait à plusieurs mois.
Les couples de dirigeants, d’entrepreneurs et d’indépendants forment une part importante de ma patientèle parisienne. Non pas parce qu’ils s’aiment moins, mais parce qu’ils sont exposés à une combinaison particulière : une charge mentale qui ne s’arrête jamais, une valorisation sociale de l’épuisement, et une difficulté singulière à demander de l’aide quand on passe ses journées à en apporter aux autres.

Pourquoi l’entrepreneuriat abîme les couples sans faire de bruit
Ce n’est presque jamais une trahison ou un conflit ouvert qui use ces couples. C’est une accumulation de micro-arbitrages, tous raisonnables pris un par un, désastreux mis bout à bout.
L’entreprise est devenue un troisième membre du foyer
Quand on est à son compte ou aux commandes, l’activité ne s’arrête pas à la porte du bureau : elle dort dans la chambre, part en vacances, s’invite au dîner d’anniversaire. Le couple ne se dispute pas contre une personne mais contre une entité qu’on ne peut pas critiquer sans paraître déloyal. « Je ne peux pas lui reprocher de travailler, c’est notre avenir » — cette phrase, je l’entends chaque semaine. Elle bloque toute expression légitime de manque.
Le déséquilibre invisible des charges
Dans la plupart de ces couples, l’un porte la visibilité et le risque, l’autre porte l’intendance, l’organisation, la stabilité émotionnelle. Ce partage est rarement discuté : il s’installe. Au bout de quelques années, celui qui a assuré l’arrière trouve que son apport n’a jamais été reconnu, et celui qui a construit l’entreprise trouve qu’on ne mesure pas ce qu’il a porté seul. Les deux ont raison, ce qui rend la discussion particulièrement piégeuse.
La performance contamine la vie privée
On ne quitte pas si facilement un mode de fonctionnement qui réussit professionnellement. Beaucoup de dirigeants appliquent au couple ce qui marche au bureau : traiter les conversations comme des points d’étape, chercher l’efficacité plutôt que la compréhension, régler un désaccord comme on tranche un arbitrage. Sauf que la vie affective ne répond pas à ces règles. Un partenaire qui a besoin d’être entendu n’a pas besoin d’une solution en trois points.
L’intimité passe en dernier sur la liste
Le désir demande de la disponibilité mentale, pas seulement du temps libre. Or le cerveau d’un dirigeant qui se couche à minuit après avoir relu un contrat n’est pas disponible — il est en veille active. Les données de l’enquête Contexte des sexualités en France (Inserm / Santé publique France, 2023) montrent d’ailleurs une baisse générale de la fréquence des rapports, passée en moyenne de 8,1 à 6,0 sur quatre semaines chez les femmes de 18-69 ans entre 1992 et 2023, et de 9,0 à 6,7 chez les hommes. Chez les couples surchargés, cette érosion est simplement plus rapide — et vécue comme une preuve d’usure du sentiment, ce qu’elle n’est pas nécessairement.
Le cas particulier des couples qui travaillent ensemble
Quand on est à la fois conjoints et associés, tout se complique d’un cran. Le désaccord professionnel devient une blessure conjugale, et la tension conjugale contamine la réunion du lundi. Il n’y a plus de sas, plus de tiers, plus d’endroit neutre. Ces couples-là ont besoin, avant toute chose, de reconstruire des frontières explicites — qui décide de quoi, où l’on parle de l’entreprise, et où l’on n’en parle plus.
Les signaux qui doivent vous alerter
- Vos échanges sont devenus purement opérationnels : planning, enfants, travaux, factures — et rien d’autre.
- Vous vous surprenez à préférer une soirée de travail à une soirée à deux, parce qu’elle est plus simple.
- Les week-ends sont consacrés à « rattraper », jamais à profiter — et les vacances déclenchent des disputes systématiques, effet classique du relâchement après une longue tension.
- L’un des deux a cessé de raconter ses journées, estimant que l’autre n’a ni le temps ni l’énergie de les entendre.
- Vous parlez de votre couple au passé, avec nostalgie, en évoquant « avant l’entreprise ».
- La sexualité a disparu sans qu’aucune décision n’ait été prise, et le sujet est devenu impossible à ouvrir.
- Des signes physiques d’épuisement apparaissent chez l’un ou l’autre : troubles du sommeil, irritabilité permanente, sentiment de fonctionner en pilotage automatique.
Ce dernier point mérite une précision honnête : l’épuisement professionnel n’est pas un problème de couple et ne se traite pas en thérapie conjugale. Quand les signes d’un burn-out sont installés, l’accompagnement se fait avec un médecin, et le travail de couple vient après ou en parallèle — jamais à la place.

La méthode Ataméa avec des couples très sollicités
Travailler avec des dirigeants demande d’ajuster le cadre. Ces couples ont peu de temps, une forte exigence de résultat, et une allergie assumée aux séances qui tournent en rond. Mon accompagnement en tient compte.
Un objectif posé dès la première séance
Nous ne partons pas pour « voir comment ça évolue ». Dès le premier rendez-vous, nous formulons ce que vous voulez avoir changé dans trois mois, en termes concrets et observables. Cela ne rigidifie pas le travail : cela évite qu’il se dilue.
Séparer les trois conversations
Beaucoup de disputes de ces couples sont en réalité trois conversations différentes menées en même temps : une conversation logistique (qui fait quoi), une conversation de reconnaissance (est-ce que tu vois ce que je porte), une conversation d’intimité (est-ce que je compte encore). Tant qu’elles sont mélangées, aucune n’aboutit. Les distinguer produit souvent un soulagement immédiat.
Réintroduire de la disponibilité, pas seulement du temps
Ajouter un dîner mensuel dans un agenda déjà saturé ne suffit jamais. Nous travaillons sur des rituels courts, réalistes et protégés — quinze minutes réellement présentes valent mieux qu’un week-end passé à consulter ses mails. J’accompagne aussi la mise en place de règles claires sur les écrans, non par principe moral, mais parce que la présence mentale est le carburant du lien.
Traiter l’intimité comme un sujet à part entière
C’est ici que ma double formation compte. Je suis à la fois thérapeute de couple et sexothérapeute, et je ne renvoie pas la question du désir à un simple effet secondaire de la fatigue. Nous l’abordons directement, avec méthode, sans attendre que « le reste aille mieux » — parce que dans ces couples, le reste ne va jamais mieux tout seul.
Poser des frontières entre l’entreprise et le couple
Pour les conjoints associés, une partie du travail consiste à écrire noir sur blanc ce qui relève de la gouvernance et ce qui relève du foyer : lieux, horaires, canaux, périmètres de décision. Ce n’est pas de la bureaucratie affective, c’est ce qui permet de redevenir un couple le soir.

Le déroulé pratique : cabinet Paris 8e ou visio
Le cabinet est situé 4 rue de Berri, Paris 8e, à proximité immédiate des Champs-Élysées et des stations Saint-Philippe-du-Roule et George V. La localisation a été choisie pour sa facilité d’accès depuis les quartiers d’affaires : La Défense, Puteaux, Courbevoie, Neuilly-sur-Seine, Levallois-Perret, Boulogne-Billancourt et Issy-les-Moulineaux sont à quinze à trente minutes.
La première séance de couple dure 60 minutes et coûte 300 €. Elle permet d’entendre les deux points de vue, de cartographier ce qui s’est installé et de définir l’objectif de travail. Le rythme est ensuite adapté à vos contraintes : toutes les deux ou trois semaines pour la plupart des couples, avec la possibilité d’alterner présentiel et distanciel.
La consultation en visio est particulièrement adaptée aux dirigeants qui voyagent : elle permet de tenir la régularité même en déplacement, et évite qu’un déplacement à l’étranger n’interrompe un travail engagé. Les annulations à moins de 48 heures restent dues — une règle qui, pour cette patientèle, joue un rôle thérapeutique en soi : elle oblige à protéger réellement le créneau.

Ce qui distingue mon accompagnement
Deux éléments comptent particulièrement pour cette patientèle. Le premier : je réunis la thérapie de couple et la sexothérapie, ce qui évite d’avoir à raconter son histoire deux fois à deux praticiens différents, et permet de traiter le lien et le désir dans le même mouvement. Le second : une pratique directe, sans détour, dont j’ai aussi l’habitude en dehors du cabinet — mes interventions dans les médias, notamment sur CNEWS, m’ont appris à aller au fait sans jargon.
Pour approfondir, vous pouvez consulter la page thérapie de couple, l’article consacré au télétravail et à ses effets sur le couple, celui sur le couple et la gestion des finances, ainsi que celui sur les conflits récurrents et la communication.
Questions fréquentes
Nous n’avons pas le temps. Est-ce vraiment le bon moment ?
C’est précisément l’argument qui reporte les choses de deux ans. Une thérapie de couple engagée tôt demande moins de séances qu’une thérapie entamée après une rupture de confiance. Un rendez-vous toutes les trois semaines représente moins de temps que celui consacré à gérer les tensions accumulées.
Peut-on venir uniquement en visio ?
Oui, et de nombreux couples fonctionnent ainsi de bout en bout. La visio n’est pas une version dégradée du présentiel : elle offre une régularité que les agendas de dirigeants rendent parfois impossible autrement.
Mon conjoint pense que « ça va passer ». Comment le convaincre ?
Ne le convainquez pas, proposez-lui une séance unique, sans engagement. La grande majorité des réticents changent d’avis après le premier rendez-vous, parce qu’ils découvrent un espace où ils ne sont pas mis en accusation. Et si le refus persiste, un travail individuel reste possible et utile.
Nous sommes associés dans la même société. Est-ce gérable en thérapie ?
Oui, à condition de le nommer dès le départ. Le travail consiste alors à reconstruire des frontières claires entre les rôles d’associés et de conjoints. C’est un accompagnement exigeant, mais souvent très efficace, parce que ces couples ont l’habitude de travailler avec méthode.
La confidentialité est-elle garantie ?
Absolument. Le secret professionnel s’applique intégralement, y compris sur l’existence même du suivi. Aucun élément de vos séances ne sort du cabinet — une question qui compte pour les personnes exposées publiquement.
Combien de séances faut-il prévoir ?
Comptez le plus souvent entre six et douze séances pour un travail complet. Certains couples s’arrêtent après quatre séances avec ce qu’ils étaient venus chercher ; d’autres poursuivent plus longtemps, notamment lorsque la question du désir demande un travail spécifique.
Votre entreprise a pris toute la place et votre couple attend son tour depuis trop longtemps ? Une première séance permet de poser les choses clairement, sans y consacrer des mois.
Prendre rendez-vous avec Magalie Singh
Cabinet 4 rue de Berri, Paris 8e — ou en visio
Deux outils pour commencer dès aujourd’hui
Références bibliographiques
- Inserm, Santé publique France, ANRS. Contexte des sexualités en France (CSF 2023) — Activités sexuelles. csf.inserm.fr
- Inserm, Santé publique France, ANRS. Contexte des sexualités en France (CSF 2023) — Santé sexuelle. csf.inserm.fr
- Gottman, J. M. & Silver, N. Les Couples heureux ont leurs secrets, JC Lattès, 2000.
- Perel, E. L’Intelligence érotique, Robert Laffont, 2007 — tension entre sécurité domestique et désir.
- Maslach, C. & Leiter, M. P. Burn-out : le syndrome d’épuisement professionnel, Les Arènes, 2011 — repères sur l’épuisement et ses effets relationnels.


