Un accident, une maladie évolutive, un handicap présent depuis la naissance ou survenu à quarante ans : lorsque le corps change ou fonctionne autrement, la vie intime du couple est presque toujours touchée — et presque jamais accompagnée. Les rendez-vous médicaux s’enchaînent, la rééducation occupe les semaines, les proches s’inquiètent de la mobilité, de l’emploi, du logement. La sexualité, elle, reste dans l’angle mort. Au cabinet Ataméa, à Paris 8e, et en téléconsultation, Magalie Singh, sexothérapeute et thérapeute de couple, reçoit des couples dont l’un des partenaires vit avec un handicap moteur, sensoriel ou chronique, et qui souhaitent retrouver une intimité vivante, adaptée, choisie.

Pourquoi le handicap bouleverse la sexualité du couple
Le premier bouleversement est physiologique, et il varie énormément selon la situation : une lésion médullaire modifie la sensibilité et les réflexes génitaux ; une sclérose en plaques ou une maladie neurologique entraîne fatigue, douleurs et troubles de l’érection ou de la lubrification ; certains traitements pèsent directement sur le désir. Ces réalités sont médicales et méritent un suivi médical. Mais ce que les couples décrivent en consultation dépasse largement la mécanique : c’est la perte des repères. Ce qui « marchait » avant ne marche plus, et personne ne leur a dit qu’une autre sexualité était possible.
Le deuxième bouleversement concerne l’image de soi. Se sentir désirable quand on ne reconnaît plus son corps, quand on dépend de l’autre pour des gestes du quotidien, quand la douleur est présente chaque jour : beaucoup de personnes en situation de handicap se retirent de la sexualité par anticipation du rejet, avant même que le partenaire ait exprimé quoi que ce soit.
Le troisième bouleversement touche la place de chacun. Quand un partenaire devient aidant — aide à la toilette, aux transferts, aux soins — la frontière entre soignant et amant se brouille. Il est difficile de désirer celui ou celle dont on s’occupe comme d’un patient, et difficile d’être désiré quand on se sent réduit à un corps à soigner. Ce glissement, très fréquent, est rarement nommé par les couples eux-mêmes.
Un silence entretenu par l’entourage
À ces difficultés s’ajoute un tabou social tenace. La sexualité des personnes handicapées reste peu abordée, y compris par les professionnels de santé qui les suivent. Les enquêtes nationales sur la santé sexuelle des Français montrent pourtant que la qualité de la vie affective et sexuelle est un déterminant majeur du bien-être, à tout âge et quel que soit l’état de santé. Le couple se retrouve seul, avec la conviction erronée que « ce n’est plus pour nous ».
Les signes qu’il est temps de consulter un sexothérapeute
La sexualité a disparu sans avoir été discutée. Depuis l’accident ou le diagnostic, il n’y a plus de rapports, plus de caresses, et aucune conversation à ce sujet. Chacun suppose que l’autre n’en veut plus.
Le partenaire valide se sent coupable de désirer. Désirer quelqu’un qui souffre, ou qui est fatigué, peut sembler égoïste. Cette culpabilité conduit à un retrait qui est vécu par l’autre comme un rejet.
La personne en situation de handicap se sent réduite à ses soins. Les gestes intimes se limitent aux gestes de soin. Le corps est touché tous les jours, mais jamais pour le plaisir.
Les tentatives se soldent par de la frustration ou de la douleur. Le couple essaie de reproduire une sexualité d’avant qui n’est plus adaptée, et chaque échec renforce l’évitement.
Le couple parle de séparation ou de « colocation ». Quand la relation se réorganise entièrement autour de la logistique, le sentiment amoureux s’étiole. Ce n’est pas le handicap qui sépare, mais le renoncement silencieux à l’intimité.

L’approche Ataméa : réinventer une intimité plutôt que restaurer l’ancienne
La sexothérapie proposée par Magalie Singh ne cherche pas à « retrouver la sexualité d’avant ». Elle part du corps tel qu’il est aujourd’hui, de ce qu’il ressent, de ce qu’il peut et de ce qu’il aime, pour construire une intimité nouvelle, souvent plus riche que celle que le couple avait perdue parce qu’elle est enfin parlée.
Élargir la définition de la sexualité
La première étape est de sortir du modèle unique centré sur la pénétration et l’orgasme simultané. Pour de nombreux couples touchés par un handicap, ce modèle est devenu inaccessible ou douloureux, et son abandon est vécu comme une perte définitive. En séance, on explore ce que le corps ressent encore, parfois avec une sensibilité déplacée ou accrue sur d’autres zones, et l’on redéfinit ensemble ce qu’est un moment intime réussi. Cette redéfinition libère une grande partie de la pression.
Séparer le soin et le désir
Lorsque le partenaire est aussi aidant, un travail spécifique consiste à distinguer les temps et les gestes : les moments de soin d’un côté, les moments d’intimité de l’autre, avec des rituels différents, parfois des lieux différents. Cette séparation, simple en apparence, restaure la possibilité de se regarder comme amants et non comme soignant et soigné. Quand c’est possible et souhaité, faire intervenir une aide extérieure pour certains soins fait partie des pistes abordées.
Reconstruire le toucher pas à pas
Des exercices progressifs, inspirés du sensate focus, sont adaptés à chaque situation : positions, durée, aides techniques, gestion de la fatigue et de la douleur. Chaque exercice est discuté à la séance suivante, pour ajuster ce qui a fonctionné et lever ce qui bloque. Le couple réapprend ainsi à se toucher pour le plaisir, sans objectif de performance.
Travailler l’image de soi et la parole
Enfin, un temps important est consacré à l’image corporelle et à la communication : dire ce que l’on ressent, ce que l’on craint, ce que l’on souhaite. Beaucoup de couples n’ont jamais eu cette conversation, ni avant ni après le handicap. Elle est souvent le vrai déclencheur du changement.
Le déroulé : cabinet Paris 8e ou téléconsultation
Le cabinet Ataméa est situé 4 rue de Berri, Paris 8e, à proximité des Champs-Élysées et de la station George V. Pour les couples dont le déplacement est compliqué, la téléconsultation constitue une solution complète : mêmes séances, même méthode, depuis le domicile, sans fatigue de transport ni contrainte d’accessibilité. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles de nombreux couples franciliens — de Paris, de Boulogne, de Versailles ou de Saint-Germain-en-Laye — choisissent la visio pour ce type d’accompagnement.
La première séance permet de retracer l’histoire du couple et de la sexualité, avant et après le handicap, et de préciser les attentes de chacun. Il n’y a jamais d’examen physique ni de pratique en séance : la sexothérapie est un espace de parole et de guidance. Les séances suivantes, en couple et parfois en individuel, alternent compréhension, exercices à réaliser chez soi et ajustements. Un accompagnement complet compte généralement entre six et douze séances. Lorsqu’un suivi médical est en cours (urologue, gynécologue, médecin de rééducation), la sexothérapie s’articule avec lui et ne s’y substitue jamais.

Ce qui distingue l’accompagnement de Magalie Singh
Magalie Singh cumule deux expertises : sexothérapeute, formée à la prise en charge des troubles du désir, de l’érection, de la douleur et de l’orgasme, et thérapeute de couple, spécialiste des dynamiques relationnelles. Cette double approche est déterminante lorsque le handicap a modifié à la fois le corps et les rôles dans le couple : traiter uniquement la fonction sexuelle sans réajuster la relation, ou l’inverse, laisse la moitié du problème intacte.
Régulièrement invitée sur CNEWS pour ses analyses sur la vie de couple et la sexualité, elle défend une vision inclusive de l’intimité : chaque corps a droit au plaisir, et chaque couple mérite un accompagnement qui ne présuppose ni norme ni performance. Son cabinet du 8e arrondissement et sa pratique en visio en font une référence accessible pour les couples de Paris et d’Île-de-France.
Pour les couples confrontés à une pathologie de longue durée, l’article sur le couple face à la maladie chronique d’un partenaire complète cette approche. Et pour comprendre concrètement comment se déroule une séance à distance, consultez la page dédiée à la sexothérapie en ligne.
Questions fréquentes
La sexothérapie remplace-t-elle le suivi médical ?
Non. Les troubles liés à une lésion, à une maladie neurologique ou à un traitement nécessitent un avis médical. La sexothérapie intervient en complément, sur la dimension relationnelle, émotionnelle et pratique de l’intimité. Les deux approches se renforcent mutuellement.
Mon partenaire est en fauteuil roulant : le cabinet est-il accessible ?
Le cabinet se situe dans un immeuble parisien ancien ; l’accessibilité doit être vérifiée au moment de la prise de rendez-vous. La téléconsultation offre dans tous les cas une solution sans déplacement, avec la même qualité d’accompagnement.
Peut-on consulter si le handicap concerne le partenaire valide, sur le plan psychologique ?
Oui. Le partenaire aidant traverse souvent de l’épuisement, de la culpabilité et une perte de désir qu’il n’ose pas exprimer. Ces vécus font pleinement partie du travail, en couple ou en séance individuelle.
Y a-t-il des exercices physiques en séance ?
Jamais. Les exercices sont proposés pour être réalisés chez soi, à deux, dans l’intimité. La séance sert à les préparer, puis à en parler.
Le handicap est présent depuis la naissance : est-ce différent d’un handicap acquis ?
Les enjeux diffèrent. Dans un handicap acquis, le couple fait le deuil d’une sexualité passée. Dans un handicap de naissance, il s’agit plutôt de déconstruire des messages reçus depuis l’enfance sur ce que le corps « ne pourrait pas ». Dans les deux cas, l’accompagnement est individualisé.
Combien de temps faut-il pour voir un changement ?
Les premiers changements — reprise de la parole, retour d’une tendresse sans pression — apparaissent souvent après trois ou quatre séances. La reconstruction d’une sexualité pleinement satisfaisante demande davantage de temps, propre à chaque couple.
Retrouver une intimité vivante malgré le handicap ? Prenez rendez-vous avec Magalie Singh, sexothérapeute et thérapeute de couple, au cabinet Ataméa Paris 8e ou en téléconsultation.
Références bibliographiques
- Bajos N., Bozon M. et al., Enquête Contexte des Sexualités en France (CSF-2023), Inserm/ANRS — volet Santé sexuelle.
- Giami A., Sexualité, handicaps et vieillissement, in Traité de sexologie, Elsevier Masson.
- Soulier B., Aimer au-delà du handicap : vie affective et sexualité du paraplégique, Dunod.
- Courtois F. & Charvier K., Sexual dysfunction in patients with spinal cord lesions, Handbook of Clinical Neurology, vol. 130.
- Weiner L. & Avery-Clark C., Sensate Focus in Sex Therapy: The Illustrated Manual, Routledge.
