Il prépare son troisième marathon. Elle enchaîne les séances de CrossFit à 6 h avant d’aller au bureau. Sur le papier, ils sont en pleine forme : corps affûtés, sommeil discipliné, alimentation millimétrée. Et pourtant, depuis des mois, ils ne se touchent presque plus. « On n’a plus le temps », disent-ils d’abord. Puis, plus bas : « On n’a plus l’envie. » Au cabinet Ataméa, à Paris 8e, ce profil est de plus en plus fréquent : des couples très sportifs, souvent cadres, qui découvrent avec incompréhension que la performance physique et le désir sexuel ne vont pas toujours ensemble. Parfois, l’un épuise l’autre. La sexothérapie permet de comprendre pourquoi, et de retrouver une libido qui ne soit pas la dernière ligne du programme d’entraînement.

Pourquoi le sport intensif peut éteindre le désir
Une activité physique modérée est l’un des meilleurs alliés de la sexualité : meilleure circulation, image corporelle plus positive, régulation du stress, sommeil réparateur. Mais au-delà d’un certain seuil, la relation s’inverse. Plusieurs mécanismes, bien documentés, expliquent que le désir puisse s’effondrer chez les sportifs très engagés.
Le premier est hormonal. L’entraînement d’endurance à haut volume, sans récupération suffisante, est associé chez l’homme à une baisse de la testostérone et à une élévation du cortisol, l’hormone du stress. Chez la femme, un déficit énergétique prolongé (dépense supérieure aux apports) peut perturber le cycle, faire baisser les œstrogènes et assécher le désir. Ce tableau, que la médecine du sport appelle RED-S (déficit énergétique relatif dans le sport), touche autant les amateurs ambitieux que les athlètes.
Le deuxième est la fatigue, tout simplement. Le corps qui a donné tout ce qu’il avait à 7 h du matin n’a plus grand-chose à offrir à 22 h. L’enquête Contexte des sexualités en France 2023 montre que la fréquence des rapports dans le mois a nettement baissé en vingt ans, y compris chez les couples qui vivent ensemble, et que la fatigue et le manque de temps sont parmi les explications les plus citées. Les couples très sportifs cumulent les deux.
Le troisième mécanisme est plus subtil : c’est le rapport au corps. Chez certains sportifs, le corps devient une machine à optimiser, mesurée, chiffrée, comparée. Un corps-outil, pas un corps-plaisir. Or la sexualité demande exactement l’inverse : lâcher le contrôle, accepter l’imperfection, se laisser traverser par une sensation sans la mesurer. Quand toute la journée est consacrée à la maîtrise, le relâchement nécessaire à l’excitation devient presque impossible.
Enfin, il y a la question de la place. Quand l’entraînement occupe dix ou quinze heures par semaine, il prend de fait la place d’autre chose. Le partenaire qui ne partage pas cette passion peut se sentir relégué derrière la montre, le vélo ou la salle, et exprimer sa frustration par un retrait du désir, parfois sans en avoir conscience.
Les signes qu’il est temps de consulter
La baisse de désir dure depuis plus de trois mois et ne s’explique pas par un événement ponctuel. Un creux passager après une compétition est normal. Une extinction qui s’installe ne l’est pas.
Les rapports deviennent une tâche de plus. Certains couples finissent par « planifier » la sexualité comme une séance de fractionné : le mardi soir, vingt minutes, efficace. Quand l’intimité est cochée plutôt que vécue, le plaisir s’en va, puis l’envie.
Des troubles fonctionnels apparaissent. Chez l’homme, des difficultés d’érection ou une baisse de sensibilité, parfois liées à des heures de selle ou à l’épuisement hormonal. Chez la femme, une sécheresse ou des douleurs qui n’existaient pas auparavant. Ces symptômes méritent d’abord un bilan médical, puis un accompagnement sexothérapeutique pour ne pas laisser l’évitement s’installer.
L’un des deux se sent en compétition avec le sport. « Tu préfères ton vélo à moi » n’est pas une blague quand la phrase revient à chaque dispute. Le sport est devenu le tiers dans le couple, et le désir du partenaire délaissé s’est éteint par protection.
Le corps de l’autre est devenu un objet d’évaluation. Remarques sur le poids, sur la forme, sur ce qu’il « faudrait » faire. Dans certains couples sportifs, l’exigence de performance déborde sur l’intimité, et le partenaire ne se sent plus désiré, seulement jaugé.

L’approche Ataméa : réconcilier performance et plaisir
La sexothérapie ne vous demandera jamais d’arrêter le sport. Ce serait aussi inefficace qu’injuste : l’activité physique est souvent un pilier d’équilibre, parfois une passion identitaire. L’objectif est ailleurs : faire cohabiter le corps qui performe et le corps qui jouit, sans que l’un dévore l’autre.
Distinguer ce qui relève du corps et ce qui relève du lien
La première étape est un tri. Une partie de la baisse de désir est physiologique (fatigue, hormones, déficit énergétique) et se traite avec le médecin du sport, l’endocrinologue ou le gynécologue. Une autre partie est relationnelle : ressentiment, sentiment d’abandon, exigence. La sexothérapie s’occupe de cette seconde partie, en coordination avec le suivi médical si nécessaire. Nous avons abordé une logique proche dans notre article sur médicaments et libido : le désir est toujours un mélange de corps et de contexte.
Sortir de la logique de performance dans l’intimité
Beaucoup de sportifs abordent la sexualité comme une épreuve : durer, faire jouir, « réussir ». Cette pression est un puissant frein à l’excitation, chez l’homme comme chez la femme. Nous travaillons à déplacer l’objectif : de la performance vers la sensation. Des exercices de sensorialité progressifs, à faire à la maison, permettent de redécouvrir le toucher sans finalité, le plaisir sans chrono. Pour ceux qui aiment les protocoles, c’est un entraînement comme un autre, sauf que le but est de ne rien mesurer.
Renégocier la place du sport dans le couple
Quand l’entraînement est vécu comme un rival, il faut le remettre à sa place par la parole, pas par le sacrifice. Combien d’heures, quels jours, qu’est-ce qui est non négociable, qu’est-ce qui peut bouger ? Ce travail, qui touche à la dynamique du couple, s’appuie sur les outils que nous décrivons dans notre page sur la thérapie de couple à Paris. Souvent, le partenaire délaissé ne demande pas moins de sport, il demande d’être choisi de temps en temps avant le sport.
Réhabiliter le désir spontané et le désir réactif
Les sportifs attendent souvent que l’envie « revienne » d’elle-même, comme la forme après une période de repos. Or le désir, surtout dans les couples installés, est fréquemment réactif : il naît de la stimulation, pas avant elle. Comprendre cela libère de la culpabilité (« je n’ai pas envie, donc je ne l’aime plus ») et ouvre des stratégies concrètes pour créer les conditions de l’envie plutôt que de l’attendre.
Comment se déroule l’accompagnement, à Paris 8e ou en visio
Les consultations ont lieu au cabinet Ataméa, 4 rue de Berri, dans le 8e arrondissement, ou en visioconférence, ce qui convient particulièrement aux profils très sportifs dont les agendas sont contraints, ou aux couples de la banlieue ouest (Boulogne, Saint-Cloud, Neuilly) qui préfèrent éviter le déplacement. La première séance, d’une heure, permet de comprendre l’histoire du désir dans votre couple, la place qu’a prise le sport, et de repérer ce qui relève du physique et ce qui relève du relationnel.
Le suivi se fait en couple ou en individuel selon la situation. Un homme qui vit des troubles de l’érection liés à l’épuisement bénéficiera parfois de quelques séances seul avant de reprendre le travail à deux. Entre les séances, des exercices concrets, adaptés à votre réalité, permettent d’avancer. Un accompagnement type dure de six à dix séances, espacées de deux à trois semaines.

Ce qui distingue l’accompagnement de Magalie Singh
Magalie Singh est sexothérapeute et thérapeute de couple, formée à ces deux disciplines, ce qui permet de traiter en une seule prise en charge la dimension corporelle du désir et la dimension relationnelle de la place du sport. Elle intervient régulièrement sur CNEWS sur les questions de vie intime et de couple, et reçoit à Paris 8e une clientèle exigeante, souvent très active, qui apprécie une approche directe, structurée et concrète. Pas de discours culpabilisant sur l’entraînement, pas de contenu explicite : un cadre clinique, confidentiel, et des résultats mesurables sur ce qui compte vraiment, l’envie de se retrouver.
Questions fréquentes
Faut-il réduire le sport pour retrouver le désir ?
Pas nécessairement. Dans beaucoup de cas, ce n’est pas le volume qui pose problème mais la récupération, la nutrition et la place du sport dans le couple. Un bilan avec un médecin du sport permet de savoir si un déficit énergétique est en cause ; la sexothérapie travaille le reste.
Le cyclisme peut-il causer des troubles de l’érection ?
Une pratique intensive avec une selle inadaptée peut comprimer les nerfs et vaisseaux du périnée et contribuer à des troubles. Un avis médical et un réglage du matériel sont les premières étapes ; l’accompagnement sexothérapeutique évite ensuite que l’anxiété de performance ne prenne le relais.
Mon partenaire n’est pas sportif et se sent délaissé, est-ce une raison de consulter ?
Oui. C’est même l’une des situations les plus fréquentes que nous rencontrons. Le désir qui s’éteint chez le partenaire délaissé est un message, pas une fatalité, et il se travaille très bien en thérapie de couple.
La baisse de libido chez une femme très sportive est-elle normale ?
Elle est fréquente lorsque l’entraînement s’accompagne d’un déficit énergétique, de troubles du cycle ou d’une pression forte sur le corps. Elle n’est pas « normale » au sens où il faudrait l’accepter : un bilan gynécologique puis un accompagnement permettent le plus souvent de retrouver l’envie.
Peut-on consulter en visio ?
Oui, l’ensemble de l’accompagnement peut se faire en visioconférence, y compris les exercices de sensorialité qui se pratiquent de toute façon à la maison, entre les séances.
Votre corps sait performer. Il peut aussi réapprendre à désirer.
Sexothérapie et thérapie de couple à Paris 8e ou en visio. Première séance d’une heure pour faire le point.
Références bibliographiques
- Inserm / ANRS, enquête Contexte des sexualités en France 2023 — Activités sexuelles.
- Inserm / ANRS, enquête CSF 2023 — Santé sexuelle.
- Mountjoy M. et al. (2018). IOC consensus statement on Relative Energy Deficiency in Sport (RED-S): 2018 update. British Journal of Sports Medicine, 52(11), 687-697.
- Hackney A. C. (2020). Hypogonadism in exercising males: dysfunction or adaptive-regulatory adjustment? Frontiers in Endocrinology, 11, 11.
- Nagoski E. (2015). Come as You Are: The Surprising New Science That Will Transform Your Sex Life. Simon & Schuster.
