C’est une phrase que j’entends souvent en consultation de sexothérapie à Paris, presque toujours à voix basse : j’aimerais qu’on essaie quelque chose, mais je n’ose pas lui en parler. Derrière ce « quelque chose », il y a rarement une audace spectaculaire. Il y a le plus souvent une proposition simple — un accessoire, un objet, un support — et une peur immense : celle de blesser l’autre, de le vexer, de laisser entendre qu’il ne suffit pas.

Cette peur mérite d’être prise au sérieux, car elle dit quelque chose de juste. Une proposition sexuelle n’est jamais neutre dans un couple installé : elle touche à l’image que chacun se fait de sa valeur érotique. Mon travail, au cabinet du 4 rue de Berri (Paris 8e) comme en visioconférence, consiste précisément à rendre cette conversation possible — sans dégât et sans renoncement.

Couple épanoui, sexothérapie à Paris 8e
Proposer un accessoire n’est pas un jugement sur l’autre : c’est une invitation à élargir le répertoire commun.

Pourquoi ce sujet touche autant de couples

Les données de l’enquête Contexte des sexualités en France (Inserm) sont éclairantes. Le répertoire sexuel des Français s’est considérablement élargi en trente ans : en 2023, 72,9 % des femmes et 92,6 % des hommes de 18 à 69 ans déclarent avoir déjà pratiqué la masturbation, contre respectivement 42,4 % et 82,8 % en 1992. Dans le même temps, la fréquence des rapports a baissé : environ 6,0 rapports en quatre semaines chez les femmes et 6,7 chez les hommes en 2023, contre plus de 8 en 1992, y compris chez les couples cohabitants.

Autrement dit : les Français font moins l’amour, mais leur imaginaire s’est diversifié. Cet écart crée une tension typique du couple durable — chacun a une vie fantasmatique plus riche que ce que le couple s’autorise ensemble. L’accessoire cristallise ce décalage. Il n’est pas le sujet réel ; il en est le révélateur.

Un autre chiffre mérite d’être médité : en 2023, 43,7 % des femmes déclarent avoir eu, souvent ou parfois, des rapports pour faire plaisir à leur partenaire sans en avoir vraiment envie (contre 23,4 % des hommes). Ce n’est pas un détail. Cela signifie qu’une part importante de la sexualité conjugale se joue déjà sur un mode d’accommodement silencieux. Introduire un objet dans un couple où l’on n’ose pas dire non ne réglera rien — cela ajoutera une contrainte de plus.

Ce que l’objet vient dire, en réalité

En consultation, je distingue quatre demandes très différentes derrière une même proposition.

Une demande de plaisir. Certaines femmes découvrent tardivement que leur physiologie du plaisir demande une stimulation que la seule pénétration ne procure pas. La proposition est alors purement fonctionnelle, et souvent salvatrice.

Une demande de nouveauté. Le couple s’ennuie, les scénarios sont figés, et l’objet incarne l’espoir d’une relance. C’est légitime, mais rarement suffisant : un accessoire ne crée pas de désir là où il n’y a plus d’espace pour se surprendre.

Une demande de compensation. Un trouble érectile, une douleur, une fatigue, un traitement médicamenteux rendent la relation difficile. L’objet devient une béquille — parfois utile, parfois un moyen d’éviter de consulter pour le trouble lui-même.

Une demande de reconnaissance. La personne ne demande pas un objet : elle demande le droit d’avoir des envies et d’être écoutée. C’est de loin la situation la plus fréquente, et celle où le refus fait le plus de dégâts.

Couple en reconnexion, dialogue intime, sexothérapie Paris
Ce qui blesse n’est presque jamais la proposition elle-même, mais la manière dont elle est formulée — et reçue.

Les signes qu’il est temps d’en parler à un professionnel

La conversation a été tentée et s’est mal terminée. Une proposition suivie d’une dispute, d’un silence de plusieurs jours ou de larmes indique que le sujet touche une blessure narcissique plus profonde.

L’un des deux se sent remplacé. « Alors je ne te suffis pas » est la phrase-clé. Elle signale une estime sexuelle fragile, qui mérite un travail en soi.

L’usage est devenu solitaire et clandestin. Non pas parce que la sexualité solitaire poserait problème — elle est normale et fréquente —, mais parce que le secret installe une vie sexuelle parallèle qui vide progressivement la relation.

L’un consent sans envie. Accepter pour éviter un conflit crée un ressentiment lent, souvent invisible pendant des mois. La question du consentement dans le couple installé est ici centrale.

Le sujet est devenu un tabou absolu. Quand un thème ne peut plus être évoqué, ce n’est plus le thème qui pose problème : c’est la capacité du couple à parler d’intimité.

Il existe une douleur ou un trouble sous-jacent. Douleurs aux rapports, sécheresse, difficultés érectiles : un accessoire ne remplace jamais un avis médical ni un accompagnement adapté.

L’approche Ataméa : ouvrir la conversation, pas forcer la porte

1. Séparer la demande du support

Première étape systématique : traduire l’objet en besoin. Je voudrais qu’on essaie ceci devient j’ai besoin de sentir qu’on peut encore inventer quelque chose ensemble. Le partenaire ne répond alors plus à une menace, mais à une demande relationnelle — à laquelle il est infiniment plus facile de dire oui.

2. Restaurer la sécurité avant la nouveauté

Aucune expérimentation ne tient dans un couple qui ne se sent pas en sécurité. Nous travaillons donc d’abord la base : la qualité du contact non sexuel, la capacité à dire non sans conséquence, la fin des reproches sur la fréquence. J’utilise fréquemment des exercices de sensate focus, qui suspendent temporairement l’objectif de performance pour restaurer la sensorialité.

3. Poser un cadre explicite d’expérimentation

Quand le couple décide d’essayer, nous définissons ensemble un cadre : ce qui est proposé, ce qui reste hors limites, comment on interrompt, et surtout comment on en reparle après. Le débriefing est la partie la plus souvent oubliée, et la plus déterminante. Un essai raté dont on rit ensemble consolide le couple ; un essai raté dont on ne parle jamais l’abîme.

4. Traiter les blessures d’estime

Lorsque la proposition a réveillé un sentiment d’insuffisance, nous prenons le temps de l’explorer : histoire personnelle, comparaisons, complexes, empreinte des images pornographiques. C’est ici que le travail de partage des fantasmes devient possible, une fois la peur du jugement désamorcée.

5. Ne pas confondre relance et symptôme

Si la demande masque une baisse de désir installée, un trouble sexuel ou un conflit conjugal non résolu, l’objet ne fera que déplacer la difficulté. Nous traitons alors la cause, pas l’écran.

Comment se déroule l’accompagnement, au cabinet ou en visio

La première séance dure 60 minutes et se déroule le plus souvent à deux. Nous établissons l’histoire sexuelle du couple, les tentatives déjà faites, les zones de blocage. Il n’y a jamais de pratique en séance : la sexothérapie est une thérapie par la parole et par des exercices réalisés chez soi, à votre rythme, dans un cadre que vous validez à chaque étape.

Le rythme habituel est bimensuel, sur six à douze séances selon la situation. Entre les rendez-vous, je propose des exercices gradués : conversations cadrées, temps de contact sans attente sexuelle, exploration progressive. Les séances se tiennent au cabinet du 4 rue de Berri, Paris 8e — accessible depuis Neuilly-sur-Seine, Levallois-Perret, Boulogne-Billancourt ou La Défense — ou en téléconsultation sécurisée. Les annulations sont possibles jusqu’à 48 heures avant.

Un point important : je ne prescris pas, je n’oriente vers aucune marque et je ne fais la promotion d’aucun produit. Mon rôle est de rendre la conversation possible, puis de vous laisser décider — y compris de ne rien changer.

Séance de sexothérapie de couple en visioconférence
En visioconférence comme au cabinet : même cadre, même confidentialité, même progressivité.

Ce qui distingue mon accompagnement

Je suis sexothérapeute et thérapeute de couple : je ne traite pas la sexualité comme un domaine séparé de la relation. Un désaccord sur l’intimité est presque toujours un désaccord sur la place que chacun s’autorise à prendre — et l’inverse est vrai aussi. Cette double lecture évite deux impasses classiques : la solution purement technique, qui ne tient pas ; et la thérapie de couple qui parle de tout sauf du lit.

J’exerce au 4 rue de Berri, Paris 8e, je reçois en visioconférence des couples francophones partout dans le monde, et je suis intervenue sur CNEWS sur les questions de couple et de sexualité. Le cadre est constant : confidentialité stricte, absence de jugement, aucune norme imposée. Il n’existe pas de sexualité conjugale « normale » — seulement des sexualités qui conviennent, ou non, aux deux personnes concernées. Vous pouvez également découvrir ma page dédiée à la thérapie de couple.

Questions fréquentes

Comment aborder le sujet sans vexer mon partenaire ?

Trois principes : choisir un moment neutre (jamais juste avant ou juste après un rapport), parler de soi plutôt que de l’autre (« j’ai envie de… » et non « tu ne fais jamais… »), et formuler une invitation, pas une condition. Et accepter qu’un premier « non » n’est souvent qu’un premier réflexe.

Mon partenaire l’a très mal pris. Est-ce rattrapable ?

Presque toujours, oui. Ce qui blesse n’est pas la proposition mais son interprétation : « je ne suis pas à la hauteur ». Nommer explicitement ce malentendu, souvent avec l’aide d’un tiers, suffit fréquemment à rouvrir le dialogue.

Est-ce le signe que notre couple va mal ?

Non. Vouloir élargir son répertoire est même un indicateur d’investissement dans la relation. Le signal d’alerte n’est pas l’envie, c’est l’impossibilité d’en parler.

Et si l’un de nous refuse catégoriquement ?

Un refus doit être respecté sans négociation. Le travail thérapeutique porte alors sur ce que chacun peut offrir à l’autre ailleurs : d’autres formes d’attention, d’autres terrains d’exploration. Un couple ne se construit pas sur des concessions arrachées.

La sexothérapie implique-t-elle des exercices en séance ?

Jamais. Il n’y a ni examen, ni nudité, ni pratique en présence de la thérapeute. Le travail se fait par la parole en séance, et par des exercices que vous réalisez chez vous si vous le souhaitez.

Peut-on consulter seul(e) ?

Oui. Beaucoup de personnes viennent d’abord seules pour clarifier leur demande avant d’en parler à leur partenaire. C’est une entrée en matière tout à fait valable.

Parler de sa sexualité ne devrait pas être le sujet le plus difficile du couple.

Première séance : 60 minutes, au cabinet du 4 rue de Berri (Paris 8e) ou en visioconférence.

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Références bibliographiques

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