« Il m’aime, je le sais. Mais il ne me désire pas, et je ne sais plus quoi penser. » Cette phrase, entendue si souvent en consultation, résume le vertige des couples confrontés à l’asexualité ou à une absence durable d’attirance sexuelle chez l’un des partenaires. Contrairement à une baisse de désir passagère, l’asexualité n’est ni une panne, ni une maladie, ni un rejet de l’autre : c’est, pour beaucoup de personnes concernées, une orientation à part entière. Mais quand l’un est asexuel et l’autre non, le couple se retrouve face à une question intime et douloureuse : comment continuer à s’aimer quand la sexualité ne dit pas la même chose pour chacun ? Au cabinet du 4 rue de Berri, Paris 8e, ou en visio, ces couples trouvent un espace pour en parler enfin sans honte ni accusation.
Asexualité : de quoi parle-t-on vraiment ?
L’asexualité désigne le fait de ressentir peu ou pas d’attirance sexuelle envers autrui. Elle se distingue de l’abstinence (un choix de comportement), de la baisse de libido (souvent contextuelle : stress, dépression, médicaments, conflit conjugal) et des troubles du désir. Une personne asexuelle peut tomber amoureuse, vivre en couple, ressentir de la tendresse, parfois même avoir des rapports sexuels par choix ou par élan vers son partenaire — sans que l’attirance sexuelle soit son moteur.
La réalité est d’ailleurs un spectre plus qu’une case : certaines personnes se reconnaissent « grises » (attirance rare ou faible), d’autres « demisexuelles » (attirance seulement dans un lien affectif profond déjà installé). Les grandes enquêtes françaises sur la sexualité, comme l’étude Contexte des Sexualités en France (Inserm, 2023), montrent à quel point les orientations et les trajectoires intimes sont plurielles, et à quel point l’écart entre attirance, pratiques et identité est fréquent : ce que l’on vit ne rentre pas toujours dans les catégories que l’on croit.

Pourquoi cette distinction est-elle si importante ? Parce que le premier réflexe, dans un couple, est souvent de chercher un coupable : « il y a quelqu’un d’autre », « je ne lui plais plus », « il y a un blocage à soigner ». Or tant que le couple se trompe de diagnostic, il se trompe de conversation — et chacun s’épuise à résoudre un problème qui n’est pas le bon.
Pourquoi cette situation ébranle tant les couples
Dans un couple dit « mixte » sur le plan du désir, chacun souffre, mais rarement de la même chose. Le partenaire non asexuel vit souvent un sentiment de rejet profond : il ne se sent plus regardé comme un objet de désir, doute de son attractivité, parfois de l’amour de l’autre. Le partenaire asexuel, lui, porte fréquemment une culpabilité écrasante : il se sent « défectueux », se force parfois à des rapports non désirés pour préserver le couple, au prix d’une usure émotionnelle réelle et d’une aversion qui peut s’aggraver.
S’ajoute la pression normative : notre culture associe couple qui va bien et sexualité régulière. L’enquête CSF de l’Inserm rappelle que la quasi-totalité des personnes en couple déclarent une activité sexuelle dans l’année — de quoi faire de ceux qui vivent autrement des « anormaux » silencieux. Beaucoup de couples concernés n’osent en parler à personne, parfois pas même entre eux. Le sujet devient un angle mort du couple : on s’aime, on fonctionne, mais une pièce entière de la maison est condamnée.
Sans espace de dialogue, les scénarios d’usure sont bien connus : évitement progressif de toute tendresse (par peur qu’un câlin « donne de faux espoirs »), négociations épuisantes autour de la fréquence, ultimatums, infidélité « compensatoire », ou séparation par découragement alors que l’attachement est intact.
Les signes qu’il est temps de consulter
Certains signaux indiquent que le couple gagnerait à être accompagné plutôt que de rester seul face à la question :
Le sujet est devenu tabou : chaque tentative de conversation finit en dispute, en larmes ou en silence. L’un se force : des rapports acceptés « pour avoir la paix » ou par peur de perdre l’autre, avec un malaise grandissant. La tendresse disparaît : plus de baisers, plus de contacts physiques, car tout geste semble engager une suite. Les interprétations remplacent les faits : « il ne m’aime plus », « elle doit voir quelqu’un », sans vérification possible. La question de la séparation revient en boucle, alors même que l’amour et le projet de vie restent solides. Enfin, si la personne concernée elle-même ne sait pas si elle est asexuelle ou si son absence de désir est secondaire (apparue après un événement, un traitement, une grossesse, un conflit), un éclairage clinique est précieux : on ne travaille pas de la même façon une orientation et un symptôme.

L’approche de la méthode Ataméa
La méthode Ataméa, développée par Magalie Singh, repose sur une conviction clinique forte : on ne « répare » pas une orientation, on accompagne un couple. L’objectif n’est jamais de rendre le partenaire asexuel « conforme », ni de demander à l’autre d’éteindre son désir, mais de permettre aux deux de construire un contrat intime sur mesure, honnête et vivable.
Concrètement, le travail articule trois axes. D’abord, un temps de clarification : distinguer asexualité, baisse de désir secondaire, aversion post-traumatique ou désir simplement « réactif » (qui ne s’allume qu’en réponse à un contexte favorable) — un travail proche de celui mené en sexothérapie du désir, mais avec une grille de lecture spécifique. Ensuite, un travail de communication : mettre des mots précis sur ce que chacun vit, remplacer les reproches (« tu ne veux jamais ») et les auto-accusations (« je suis cassé·e ») par des demandes et des limites claires. Enfin, un travail de redéfinition de l’intimité : cartographier ensemble ce qui nourrit le lien — tendresse, sensualité sans finalité sexuelle, rituels de connexion — et négocier, sans pression ni sacrifice unilatéral, ce que le couple fait de la différence de désir.
Cette approche s’appuie sur le double regard de Magalie Singh, sexothérapeute et thérapeute de couple : la question asexualité/désir ne se joue jamais uniquement dans la chambre, elle engage l’attachement, la sécurité affective et l’histoire du couple, travaillés en thérapie de couple.
Comment se déroule l’accompagnement, au cabinet Paris 8e ou en visio
Les séances ont lieu au cabinet du 4 rue de Berri, à deux pas des Champs-Élysées (métro George V, Saint-Philippe-du-Roule ou Franklin D. Roosevelt), ou en visioconférence pour les couples qui préfèrent la discrétion de leur domicile — un format souvent apprécié sur un sujet aussi intime.
La première séance (60 minutes) pose le cadre : chacun raconte sa version de l’histoire, sans interruption ni arbitrage. Les séances suivantes alternent temps de couple et, si utile, temps individuels : il est parfois plus facile d’explorer son rapport au désir seul avant de le partager. Entre les séances, des expérimentations concrètes sont proposées : rituels de tendresse « sans suite » clairement bordés, conversations guidées, exercices sensoriels adaptés au consentement de chacun. Aucun exercice n’implique jamais de se forcer : le consentement enthousiaste est la boussole du travail.

Ce qui distingue l’accompagnement de Magalie Singh
Magalie Singh est sexothérapeute et thérapeute de couple à Paris 8e, intervenante média (notamment sur CNEWS), et reçoit des couples de tous horizons — mariés ou non, hétérosexuels ou LGBTQIA+, jeunes couples ou couples de longue date. Sa double formation permet de tenir ensemble les deux fils que cette problématique exige : le fil sexologique (comprendre finement le désir, ses formes, ses absences) et le fil conjugal (protéger le lien pendant que le couple traverse la question). Son cadre est strictement non normatif : il n’y a pas de « bonne » fréquence ni de couple modèle ; il y a le couple réel, et ce qu’il décide, éclairé, pour lui-même.
FAQ — Asexualité et couple
L’asexualité peut-elle se « soigner » ?
L’asexualité n’est pas une maladie : il n’y a donc rien à soigner. En revanche, une absence de désir secondaire (liée à une dépression, un traitement, un vécu traumatique ou un conflit de couple) peut, elle, évoluer avec un accompagnement adapté. Distinguer les deux est précisément l’un des premiers objectifs du travail.
Notre couple peut-il durer si l’un de nous est asexuel ?
Oui, de nombreux couples mixtes construisent un équilibre durable. Cela suppose un dialogue honnête, des accords clairs et régulièrement revisités, et le deuil, de part et d’autre, du couple « standard ». Ce chemin est beaucoup plus praticable accompagné que seul.
Mon partenaire doit-il venir en séance ?
Le travail est plus complet à deux, mais il peut démarrer seul — par exemple pour clarifier son propre rapport au désir avant d’en parler. Le format s’adapte à votre situation.
Se forcer « pour faire plaisir » est-il une solution ?
Non. Les rapports subis dégradent à la fois la personne qui se force et, à terme, le lien lui-même. Il existe d’autres voies — négociées, créatives et respectueuses des limites de chacun — que la thérapie aide à construire.
Combien de temps dure un accompagnement ?
Selon les situations, quelques séances suffisent à rouvrir le dialogue ; un travail plus profond s’étend généralement sur quelques mois, à raison d’une séance toutes les deux à trois semaines.
Votre couple mérite un espace pour parler de ce qui ne se dit nulle part ailleurs.
Cabinet au 4 rue de Berri, Paris 8e, ou en visioconférence.
Deux outils pour commencer dès aujourd’hui
Références bibliographiques
- Inserm — Enquête « Contexte des Sexualités en France 2023 », Pluralité sexuelle et de genre et Santé sexuelle.
- Bogaert, A. F. (2012). Understanding Asexuality. Rowman & Littlefield.
- Brotto, L. A., & Yule, M. (2017). « Asexuality: Sexual Orientation, Paraphilia, Sexual Dysfunction, or None of the Above? » Archives of Sexual Behavior, 46(3).
- Nagoski, E. (2015). Come As You Are. Simon & Schuster.
- Gottman, J., & Silver, N. (2015). Les couples heureux ont leurs secrets. Éditions Lattès.


